LA NITRIÈRE SAINT-MÉDARD
Extrait du plan cadastral (1812).
45,000 livres. En outre, on établirait des couches @ à la suédoise », et le sol amendé recevrait des graines « de l'herbe au soleil (1), de borraginées et autres plantes qui
(21 février 1786), précise les conditions de l'établissement de la nitrière : € I1 y a huit ans, je me décidai à établir une nitrière, non par spéculation, mais pour répondre aux vues du gouvernement, et M. Necker m'écrivit que Sa Majesté l’avoit chargé de me témoigner sa satisfaction de cette nouvelle preuve de mon amour du bien public. Je suis en état de faire voir que j'y ai mis, avec quelques amis, plus de 40,000 1., sans en avoir rien retiré jusqu’à ce jour. Je l'ai amodiée aux sieurs Roze et Courtois pour le prix de 1,200 1., à la charge de la tenir en état... Si le gouvernement veut me rendre ce que je prouverai avoir mis dans cet établissement, même avec perte d’un quart, j'y souscris.. ». (Archives de la Côte-d'Or, C 245.)
Le nom du sieur Roze ne paraît plus dans la suite, ni dans l'affaire de l’inondation, ni dans l'affaire des cendres ménagères en 1788. (Archives de la Côte-d'Or, C 241.)
(@) Helianthus annuus L.
se chargent de nitre, soit pour en essaier la lixiviation, soit pour nourrir et renforcer les couches » (1).
Ces grands projets, semble-t-il, ne furent pas mis à exécution, et la nitrière coula des jours plus modestes, mais réguliers, qui laissèrent quelques menus profits à son administrateur.
Notons cependant qu'un accident faillit compromettre la sécurité de l'établissement. Situé proche et en contre-bas du parc de Montmuzard aux étangs et aux canaux nombreux, la nitrière fut un jour inondée. C'était en 1786. Les vannes de Montmuzard ayant été ouvertes, les eaux dévalèrent dans la nitrière, lixiviant impitoyablement les terres amoncelées et entraînant la richesse salpêtrée au hasard de pentes voisines. Ce fut un désastre. On plaida ; le procès dura quatre ans. La lettre suivante (2) de M. de Morveau à l'intendant de Bourgogne est un document intéressant sur ce sujet :
Je vous prie d’agréer les témoignages de ma reconnoissance de la bonté que vous avez éue d’expédier l'affaire de la nitrière. Il eût été bien malheureux pour le père de famille (J.-B. Courtois) qu’elle intéresse, que vos occupations vous eussent empéché, Monsieur, de la terminer, et l’eussent ainsi privé du fruit des peines que vous aviez daigné prendre pour en acquérir une parfaite connoissance. Je n’aurois pas tant tardé à vous en adresser mes sincères remerciemens, mais vous n’ignorez pas, Monsieur, ce qui se passe dans votre ville. J’étois du détachement que notre commune a jugé à propos d’envoier dans les terres de M. le Cte d’Evel pour mettre la paix entre lui et ses habitans par la présence du canon, et depuis mon retour il m'a fallu rendre un compte détaillé de cette expédition.
J'ai l'honneur d’être.
A Dijon, le 21 novembre 1789.