LA RAFFINERIE DE SALPÊTRE DES ARGENTIÈRES
Extrait du plan cadastral (1812).
Les bâtiments sont figurés par une teinte noire uniforme ; les cours et passages, par un pointillé.
Cette raffinerie avait les origines les plus anciennes (1). Les Archives de la Côte-d'Or mentionnent les divers inventaires qui en ont été dressés depuis 1725 jusqu'à 1804. Notons l'inventaire du 1‘ janvier 1725, celui de 1729, ceux
(1) Un édit de février 1582 portait à trente le nombre des magasins à poudre du royaume, parmi lesquels deux pour la Bourgogne, à Dijon et à Auxerre.
ET LA DÉCOUVERTE DE L'IODE 5 ÿ/
de 1756, 1764, 1775, 1804 (1). Pierre Courtois y apparait comme contremaitre vers 1804. Il avait appris le métier de salpêtrier (2), et s'était certainement distingué par ses aptitudes et son travail, car de 1812 à 1815, il est qualifié de salpêtrier commissionné pour la commune de Dijon, et paraît, dès lors, avoir cumulé l'exploitation de la raffinerie et celle de la nitrière.
En 1814, au début de l’année, une catastrophe survient : les Autrichiens dépouillent la salpêtrière de tout ce qu’elle renferme. Et au mois d'août suivant, il faut réclamer de tous côtés les cuivres qui ont été cachés ou achetés pour les soustraire aux envahisseurs. En 1815, le magasin de Dijon voit son importance diminuer ; il ne peut plus contenir que 5,000 kilos de poudre servant à approvisionner la Côte-d'Or, Saône-et-Loire et la Haute-Marne. Mais voici qu'en 1819, le 10 mars, une loi est promulguée rendant libres l’exploitation et le commerce du salpêtre, tandis que des droits imposent et restreignent l'importation. La raffinerie des Argentières se transforme en conséquence ; on y raffinait annuellement environ 50,000 kilos de salpêtre qui alimentaient le moulin à poudre de Vonges, aujourd’hui poudrerie nationale de Vonges (Côte-d'Or); elle est remplacée par un simple dépôt qui disparait à son tour, alors que le magasin de poudre est transféré ailleurs (3).
Pierre Courtois n’en continue pas moins son industrie ; en 1821-25, il exploite le salpêtre pour son propre compte et vend directement au gouvernement les produits de son établissement. Il lance même avec succès différents engrais nouveaux. Entre temps, il se marie (4) ; il épouse, le 27
(1) Archives de la Côte-d'Or, C. 242.
(2) Le 9 fructidor an XI, dans un acte de vente de propriétés de son père, ilest désigné comme « salpêtrier habitant la commune de Dijon ».
(3) Le magasin, provisoirement installé au Château, puis à la caserne des Ursulines, fut, en 1850, définitivementtransféré à la poudrière neuve de la rue de Longvic. La raffinerie fit place à une fabrique de noir animal, et plus récemment à une exploitation agricole.
(4) 27 avril 1807. Mariage de Pierre Courtois, né le 19 mai 1775, entre-
avril 1807, M'e Marie-Elisabeth Lecocq. Son mariage est célébré à Dijon, et c'est à Dijon qu'il meurt le 27 octobre 1848 (1).
preneur de nitrières à Dijon, fils de Jean Courtois, marchand demeurant à Paris, consentant suivant acte du 19 avril 1807, dressé par Bacq et Dautrive, notaires impériaux à Paris, et de Marie Bled présente, et Mit Elizabeth Lecocq. Publications faites à Paris les 12 et 19avril 1807. Témoins... J.-B. Antony, propriétaire. (Le clos et le parc de Montmuzard, contigu à la nitrière Saint-Médard, appartenaient avant et pendant la Révolution à la famille Antony.)
(1) 27 octobre 1848. Décès de Pierre Courtois, ancien salpétrier, demeurant à Dijon, 16, rue Longepierre. — Pierre Courtois eut plusieurs enfants dont au moins deux fils : Denis-Victor (1808-1833), commis banquier, et Jules-Jean-Baptiste (1811-1856), qui fut notaire à Gevrey- Chambertin. (V. note 2, p. 45.)