‹ Bernard de Requeleyne, baron de Longepierre,Chapitre 3 sur 19 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

bienveillance particulière dont il honore ceux qui sont coupables de lui avoir déplu ? Drôle ayant plus d'esprit que dhonneur, pédant fort maussade, espion, fat^ insinuant, rat de cour, pis encore, autant de mignonnes fleurettes que lui envoie notre Duc. A quoi le baron Portails répond en nous montrant un épicurien aimable, un délicat lettré, courtisan attentif et discret, et, ce disant, il nous paraît plus près de la vérité. Qu'importe encore s'il ne fut pas de l'Académie dont il était parfaitement digne, mais dont Anacréon et Sophocle, aidés des suffrages de Racine et de Boileau, demeurèrent impuissants à lui ouvrir les portes? « Il y a des gens qui la méritent mieux que moi, — écrit-il modestement — et il y en a d'autres qui sont plus intrigants », ajoute-t-il aussitôt. Pour le coup, nous n en croirons rien. De l'intrigue autour du palais Mazarin ? Y songez-vous, Longepierre ? Voilà une accusation qui serait bien invraisemblable, de nos jours. Vaille que vaille, le vaincu prend galamment sa défaite, non sans se donner pourtant la consolation de traiter » d'orgueilleux petit Normand » son heureux concurrent, Fontenelle. Déjà on s'aimait entre candidats au fauteuil, et on se le disait avec aménité.

Reconnaissons cependant que malgré les multiples et agréables qualités de son justiciable, notre critique lui eût peut-être rendu moins bienveillante justice sans le troupeau des petits moulons d'or qui paissent sur les débris d'une bibliothèque tenue en très haute estime. Le seigneur de Requelcyne avait le culte des livres richement habillés; rien ne lui coûtait pour donner à ses auteurs favoris, comme à ses propres œuvres, la

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