‹ Bernard le potier de terreChapitre 16 sur 23 · ETIENNE SAUVE · texte numérisé non relu

ETIENNE SAUVE

Il y avait près de deux heures que le père Froget, sous l'impression d'un coup aussi cruel qu'imprévu, courait dans les rues, au hasard, sans se rendre raison do ce qu'il voulait ou devait faire, lorsque la fraîcheur de l'air et In fatigue ayant un peu calmé sa fièvre, il .s'arrêta enfin et emiiloya quelques instans à se reconnaître.

Que voulait-il? retrouver sa tille.

Que devait-il faire pour y parvenir? rechercher d'abord les causes probables de sa disparition.

Une première pensée lui vint à l'esprit, pensée qui lui glaça le .sang : Laurentine s'était peut-être enfuie de la maison paternelle dans quelque accès de désespoir, et avec la résolution d'attenter à ses jours?

Mais la réflexion lui Qt comprendre qu'une pareille supposition ne s'appuy.iit sur aucun fondement raisonnable. Le caractère léger de Laurentine, la tiédeur de ses sentimens pour Etienne, .sa promptitude à repous.ser d'ellemême un mariage qu'elle avait cessé de considérer ronimo honorable, tout semblait se réunir pour démontrer au contraire l'impossibilité d'un sui'jide.

Cependant elle s'était enfuie : pourquoi?

A cette question, il n'y a guère de possible, quand il s'agit d une jeune fille, que l'une de ces deux réponses :

elle était maltraitée par .ses parens, ou bien elle a cédé à l'entraînement d'un amour contrarié.

Midtraitée, Laurentine! l'orgueil, la joie, l'amour du père Froget 1 Celte première raison n'était point admissible.

Force était donc de s'en tenir à la seconde.

Le père Froget en vint alors à .se demander si sa fille, convaincue qu'il serait inébranlable dans ses principes, n'avait point usé de dissimulation et joué l'inditférence afin de tromper la vigilance paternelle et d'assurer l'exécution do ses projets d'évasion. Dans ce cas elle avait agi nécessairement de complicité avec Etienne.

Persuadé qu'il est enfin sur la voie, il prend aussitôt le chemin de l'atelier. S'il n'y trouve pas Etienne, ce sera une preuve à l'appui de son opinion.

Etienne n'a point reparu à l'atelier depuis qu'il en est Sorti si brusquement la veille.

Mais celte absence est-elle une preuve décisive? Ne peutil se faire qu'Etienne soit retenu par une indisposition? La .soufi"rance morale vient à bout des tempéramons les plus robustes. C'est chez madame Giraud que le père Froget éclaircira ce dernier doute.

Ayant alors à fournir des indications suffisantes pour diriger les premières recherches, il ira déposer sa plainte et, le télégraphe aidant, il n'est nas impo.ssible que la fugitive lui soit ramenée avant la fin du jour.

Dans une rue voisine des quais, un rassemblement considérable, formé à la porte d'un bureau de police, intercepte le pas.sage. Au moment où le père Froget essaye do fendre la presse, ses regards tombent sur un jeune homme que deux sergens de ville tiennent par les bras et forcent à entrer dans le bureau.

Le contre-maître jette un cri de surprise et, au lieu do poursuivre sa route, s'élance du côté do la porte. Ou veut l'arrêter.

— Si l'on a besoin de renseignemens sur ce jeune homme, — dit-il,— je puis en donner.— On le laisse entrer. Il pénètre jusque dans le cabinet du commissaire, où viennent d'êlre introduits les .sergens de ville et leur prisonnier. — Etienne, — s'écrie-t-il, — Etienne, qu'as-tu fait de ma fille?

Au son de cette voix, Etienne dresse la tête. Son air étonné semble indiquer que les paroles qu'il vient d'entendre sont inintelligibles pour lui.

Un des sergens de ville, interrogé par lo magistrat, fait ainsi .son rapport :

— Ce jeune hommequ'on vient d'appeler Etienne, poussé par un motif qu'il s'est obstiné à ne point faire connaître, s'est f)récipité d'un bateau de charbon dans la Seine, il y a une heure environ Secouru sur-le-champ par des mariniers, il es.sayait, au moment où nous nous approchions de la berge, de résister aux efforts que fais.iient ces braves gens pour le sauver. Sa résistance a redoublé lorsqu'il .s'est vu ramener sur la berge, après avoir été retiré do l'eau malgré lui. Nous avons alors été obligés d'employer la force pour le contenir. Interrogé sur .son nom, sur .sa demeure, sur la cause qui avait pu le porter à se détruire, il s'est renfermé dans un silence absolu. Nous avons dil dès lors le conduire ici pour qu'il ait à s'expliquer devant monsieur le commissaire.

Le .sergent ayant achevé son rapport, le magistrat .se tourne du côté d'Etienne et lui adresse les premières questions d'usage.

Etienne ne répond pas.

— Je répondrai pour lui, — dit le père Froget ; — son nom est Etienne Giraud ; il travaille comme ouvrier tapissier dans un atelier où je suis contre-maître ; c'est do tous les jeunes gens que jo connais le plus laborieux, le plus rangé, le plus honnête; mais l'amour lui a, par malheur, timbré la cervelle, et son silence me plonge dans une horrible inquiétude... — Et, faisant alors un pas vers Etienne qu'il interpelle direclenu'ut :— Ma fille? — poursuit-il;— où est ma fille? Etait-elh^ avec toi? 0 mou Dieul serail-il possible que Laurentine...! Réponds, ré-

MOLÉRI.

ponds, au nom du ciel!... Rien!... rien 1... Alil je ne comprends que trop Ion regard morne et ton silence obstiné; ils mo font frémir, ils me glacent d'épouvante : Laurentine était avec toi, Laurentine est mortel... Mais réponds, réponds donc, malheureux 1

— Je ne comprends rien aux questions que vous me faites, — dit enfin Etienne qui Uii-ni^me regardait le contre-maître avec le plus grand étonnement. — Je n'ai point vu mademoiselle Laurentine.

— Ce jeune homme était seul en effet, au dire des mariniers, — confirma un des sergens do ville.

Le père Froget respire plus à l'aise; il a craint une fois encore pour la vie de sa fllle, et voilà cette crainte définitivement dissipée.

Le commissaire ordonne aux sergens de se retirer. Demeuré seul avec Etienne et le père Fioget, il se fait donner par celui-ci les explications les plus détaillées; puis, instruit de tout ce qu'il lui importe de savoir :

— Je vous ai écoulé attentivement, — dit-il, — et de ce que vous venez de m'apprendre il résulte pour moi qu'il y a au fond de cette affaire une intrigue d'amour où ce jeune honinie n'est pour rien, dont vous navez pas eu vous-même connaissance, et à laquelle il faut rattacher la disparition de votre fille.

— C'est impossible, — interrompit le père Froget, — je réponds de Laurentine.

— Je sais, — réplique le magistrat, — beaucoup de pères qui se sont trompas en de pareilles circonstances. Mais jo ne veux point insister sur uneopinion que vous repoussez si vivement et que d'ailleurs l'événement pourrait démentir. Je me bornerai à vous donner l'assurance que de promptes mesures vont être prises pour retrouver les traces de mademoiselle Laurentine. — Au même iustant i| soime un garçon de bureau et fait appeler son secrétaire, à qui il donne, avec les instructions nécessaires, l'ordre d'agir sur-le-champ. Ce devoir accompli, il se retourne vers Etienne; la bienveillance et la com|)assion ()ue lui inspire le jeune homme se dissimulent sous l'apparente sévérité de son regard. — Vos réflexions, — lui dit-il, — vous ont déjà présenté sans doute sous son véritable jour l'action à laquelle vous ont poussé aujourd'hui des seulimens faux et répréhensibles; j'espère donc que vous ne sorfirez pas d'ici sans avoir pris l'engagement formel de ne point renouv«>er une coupable tentative.

— Je ne vous tromperai point, monsieur, — répon 1 Etienne; — la vie m'est devenu impossible. Ceux qui m'ont arraclié à la mort n'ont fait que prolonger de quelques heures mou supplice.

— I" h quoi 1 vous (lersisleriez, au mépris de la raison, au mépris de vos devoirs?

— La raison! oîi est-e|leî Chez ceux qui me rendent respoîisabic d'une faute que je n'ai point commise, ou chez moi qui veux me soustraire aux eû'ets d'une injuste réprobation'?

Le commissaire, homme d'expérience et d'un coupd'o'il prompt, reconnaît à cette réponse que les raisonnemens les plus solides et réloijuence la plus persuasive échoueront infailliblement contre l'exaltation d'Etienne. Recourant alors à d'autres armes, il hausse les épaules et, d'un ton méprisant :

— Je pourrais, — dit-il, — discuter avec un homme de cœur dont l'esprit seulement égaré ne demanderait qu'à trouver la lumière; je m'en abstiens lorsque jo nai devant moi qu'un égoïste et un Ifirhe.

L'expression était dure et tombait à l'improvisto; le coup porta.

Ce fut avec le ruuge de la colère nu visage, les lèvres frémissantes et le regard presque menaçant qu'Etienne s'écria :

— Un lâche! moi un lâche ! Vous abusez de votre position et de la mienne, monsieur!...

Mais le père Froget s'élance vers Etienne, et lui colle une main sur les lèvres.

— Tais-toi ! tais-toi ! — fait-il effrayé et sollicitant du regard l'indulgence du magistrat.

Le digne contre-maître, un peu tranquillisé depuis que des mesures avaient été prises pour suivre les traces do Laurentine, était tout entier dans ce moment à l'intérêt que lui inspirait Etienne. Etrange contradiction de l'esprit humain, et dont les exemples du reste ne sont pas rares I Le même homme qui se serait crudésbouoré d'avuir pour gendre le fils naturel de madame Giraud se sentait pour lui des entrailles de père et mettait à le couvrir de sa protection autant d'ai'deur qu'il en eût mis à défendre son propre fils.

Etienne repousse la main du père Froget :

— Vous n'entendez donc pas qu'on me traite de lâche !

Le commissaire réplique froidement :

— De quel nom voulez-vous donc que je vous appelle, vous qui allez jusqu'à nier le devoir pour vous dispenser de remplir le plus sacré de tous'* SI j'ai bien compris le récit de monsieur, — poursuit-il en désignant le contremaître, — vous avez une mère, femme de dévouement et de courage, ()ui a bravé pour vous depuis vingt ans les périls de la misère et de la honte. Quelle reconnaissance en avez-vous? Par quel acte vous acquittez-vous de votre dette envers elle? Par un acte dont le résultat est d(f détruire en quelques secondes l'œuvre pénible de tant d'années de sa vie. De quel dévouement payez-vous son dévouement? do quel courage son courage ? Au moment où Votre appui et vos consolations lui sont le plus nécessaires, vous vous retirez d'elle, volontairement, sans pitié, sans remords; vous faites défaut à votre tâche, parce que votre orgueil a été blessé et qu'il peut l'être encore, parce que vos vœux n'ont pas eu un prompt et facile accomplissement, parce que vous prévoyez des luîtes dans votre existence! Allcins, allons, rentrez en vous-même, ne jouez , point l'indignation, baissez la voix devant la vérité ; j'ai donné à votre conduite une qualification sévère mais juste : elle est, je le répète, celle d'un égoïste et d'un lâche.

Guidé par une longue habitude de juger les hommes à première vue, le commissaire ne s'était point trompé sur le caractère d'Etienne, et il avait trouvé le fouet avec lequel pouvait être domiiié cet.esprit en révolte.

Le premier mouvement d'Etienne avait été de se redresser avec emportement; le second fut de court)er la tête avec confusion. Car, éclairée par les paroles austères du magistrat, sa conscience aussi lui disait que, dans sa position, le suicide était un ado d'égoismeet de lâcheté. Pouvail-il être égoïste, lui qui avait pour sa mère taiitiTanidur et de vénération? Pouvait-il commettre une lAclirt/', lui qui avait une réputation si bieu établie do bravoure et c|'énergie ?

Il n'essaya point cette fois de répondre ; mais ses yeux, restés srcs jusqu'à ce moment, se remplirent tout à coup (le larmes, et on put l'entendre murmurerd'unevoix qu'étoulfaient presi]ue les sanglots :

— Jla mère ! ma pauvre mère!

Comme il se retournait, honteux do laisser paraître tant de faiblesse, le père Froget, attendri lui-même, lui prit une main qu'il pressa dans les siennes.

— N(! rougis point de ces larmes-là, — lui dit-il, — elles te sauvent... Allons, chasse de ton souvenir, comme un mauvais rêve, la tentation à laquelle lu as succombé dans un moment de délire; viens avec moi, viens abjurer les sinistres projets aux pieds de la malheureuse femme à qui Dieu n'a point permis d'avoir en ce monde d'autre appui que celui de son fils. — Et, voyant que le commissaire hésite à laisser sortir Etienne, il ajoute : — Vous pouvez me le confier maintenant, monsieur; je réponds de lui.

Pendant le trajet, Etienne ne proqonça pas une parole.

Le père Froget, rendu par ce silcRce au sentimenf de

ETIENNE GIRAUD

son infortune personnelle, marchait à côlé de lui morne et rêveur.

Rosalie, lorsqu'ils arrivèrent, était encore auprès do madame Girauil, dont elle essayait do relever le courage en lui faisant entrevoir des espérances auxquelles elle no croyait pomt elle-même.

A la vue d'Elienne, elles poussèrent toutes deux en même temps un cri de joie folle.

Etienne se mit à genoux devant sa mère.

— Pardonne-moi, — lui dit-il: — j'ai eu un moment de folie; mais la raison m'est revenue... Je vivrai... je vivrai pour toi, je te lojure.

JE n'ai plus de fille!

Le père Froget était encore chez madame Giraud lorsque le facteur apporta une lelti'o à l'adresse de Rosalie.

— Une lettre pour moi ! — fit celle-ci tout étonnée. — Qui peut m'é^rire et m'envoyer ses lettres ici?

— Quelqu'un (pii t'aura vue chez moi, et qui sait que tu y travailles, — dit madame Giraud.

— Et qui doit avoir de mauvais desseins , puisqu'il prend des voies détournées pour te faire parvenir les échantillons de son style, — ajouta le père Froget.

Rosalie examina la suscription.

— C'est l'écriture de ma cousine 1 — s'écria-t-elle.

— De ma fille!

Et, par un mouvement rapide, le père Froget s'empara de la lettre.

' Rosalie, persuadée queLaurentine avait eu quelque raison puissante de ne pas adresser sa lettre chez son père, aurait bien voulu s'opposer à ce mouvement; le geste brusque du père Froget ne lui en laissa ni le temps ni la lorce.

Celui-ci rompit précipitamment le cachet, et se mit à dévorer plutôt qu'à lire le contenu de la lettre.

A mesure qu'il avançai! dans celte lecture, sa physionomie s'assombrissait; tantôt ses mains crispées froissaient le papier et ses lèvres se serraient de colère; tantôt il pâlissait et semblait tomber dans un profond accablement.

Rosalie et madame Giraud suivaient du regard avec anxiété les mouvemons du père Froget, et attendaient impatiemment la communication d'une lettre qui devait renfermer des révélations cruelles, à en juger par le troublt du lecteur.

Voici ce que Laurentine écrivait à Rosalie :

« Ma bonne petite cousine, j

» Quand tu recevras cette lettre, que je mets au bureau » de poste deRoulogne, à l'instant où je vais m'embaniuer » sur le paquebot, je serai probablement arrivée ,i Londres. » Je vois d'ici ton étonnement : A Londres ! et dans quel D dessein? mon Pieu ! Quel peut être le gi-ave molif d'une » démarche qui semble témoigner d'une grande insensi- » bilité en même temps que d'un profond mépris des con- » venances et de la soumission filiale? Un grave motif, en » effet, ma chère Rosalie : celui qui nous pousse nalurol- » lemcnt à la rechevhe d'une posifion en harmonie avec » nos désirs et nos goûts. Si mon père m'avait élevi'e en » simple ouvrière, peut-être cet avenir eût-il été pour » moi dans l'existence obscure, monoton'T et presque soli- » taire d'unerf'emme d'ouvrier; mais sa vanité, dont je » suis loin do lui faire un reproche, ne in'a épargné ni » l'éducation ni la toilette d'une demoiselle, et j'ai vu » s'ouvrir devant mes regards tout un autre horizon. Pau-

» yre pèrel il aura subi (pielques heures d'une mortelle » incpnétude, et à l'inquiélude succéderont qiulqiies heu- « res encore do colère lorsqu'il saura la vi'rilé. C'est « pourquoi je t'écris, à toi de préférence, et t'adresse ma » lellre chez madame Giraud. Ton omilié est si bonne, si » inventive, si éloquente, que tu sauras mieux que per- » sonne rassurer mon père, le calmer, lui montrer sous » son meilleur jour une action (|ui ne saurait êtro jugée » sainement avant le résullat. Ce résultat, chère cousine, » sera tout uniment le mariage do la sorvanto avec l'hé- » ritier d'une famille très riche et fort honorablement » posée dans le monde. Ce jeune homme a pour moi un » amour dont les épreuves les plus décisives m'ont conflr- B mé la force et la sincérité. Mallieureusement, par suito » d'une opposition formelle entre ses idées et celles de son » père , il s'est vu forcé de m'ofl'rir pour arriver à » notre mutuel bonlieur le chemin h' moins direct » et le moins [iratiqué. Tu comprends à présent pourquoi » ce chemin nous mène à Londres, d'où nous rappellera » bientôt, par une capitulation nécessaire, le père de celui » qui alors sera mon époux. Tu conlpreuds aussi pourquoi » je me suis cachée de mon père, dont la fierté parfois » exagérée n'eût pas admis cette introduction un peu for- » cée dans un monde supérieur au noire, et n'eût pas » manqué d'en faire avorter le projet. Je crois inutile d'a- » jouter que, en faisant la discrète avec toi, je n'ai eud'au- » tre motif que la crainte de tes remontrances, de tes ap- » préhensions, de tes prières, et peut-être d(<s révélations » auxquelles tu te serais crue obligée envers mon père. » Mainlenant le pas est franchi; il ne vous est pas plus » possible à mon père et à toi de rien empêcher qu'cà moi » de reculer. Plaide donc ma cause avec chaleur; obtiens » pour moi un mot de tendresse et un pardon qu'il me » serait long et pénible d'attendre juscpi'à mon retour. Je » t'enverrai mon adresse aussitôt après mon arrivée à » Londres. Adieu, bonne cousine ; je t'embrasse tcndre- » ment.

1 » LAURENTINE FROGET. »

Le père Froget employa près d'une heure à lire cette lettre où se révélait tant de légèreté et si peu de coîur.

Puis ses mains laissèrent échapper le papier, et sa tête se pencha sur sa poitrine.

Rosalie et madame Giraud le regardaient sans oser parler.

Enfin il se redressa, passa le revers de sa main sur ses yeux pour y eft'acer un dernier signe de faiblesse, et, attirant à lui Rosalie qu'il pressa contre sa poilrino :

— Aime-moi bien, — lui dit-il ; — toi seule me reste ; ja n'ai plus de fille. •

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