CONCLUSION
Sire, je sais mourir. Pour parler ainsi, il faut avoir été élevé à une bonne école. Palissy s'était préparé à la mort par une vie de devoir et de dévouement; il l'avait bravée, il l'avait vue dé près. Quelques-uns de ses amis lui avaient montré comment meurt le vrai chrétien ; et il devait s'adresser à lui-même l’exhortation qu’il avait composée autrefois pour ses coreligionnaires persécutés : « Ayez donc votre refuge à votre chef, protecteur et capitaine, notre Seigneur Jésus-Christ. »
Et avant d'apprendre à mourir, il avait appris à vivre. Son âme était naturellement chrétienne. Elle était pleine de Dieu, et à cause de cela même, le retrouvait partout dans la nature. Il étudiait sa Parole avec respect et avec amour; il obéissait à sa voix qu’il entendait au fond de sa conscience; il se laissait attirer par lui vers la Vérité, la Justice et la Beauté.
Il s’est fait protestant. Pourquoi ? Parce que sa pensée, sa conscience et son cœur y trouvaient leur compte, parce que la Réforme seule pouvait donner satisfaction à ses tendances les plus profondes et les plus nobles.
Protestant, il l’est devenu tout naturellement parce qu'il était l'ennemi de la coutume et du préjugé, parce qu’il était l’homme de la libre recherche, l’homme de la lumière. Dieu lui avait donné une intelligence, c'était pour l'exercer à ses risques et périls. Dans la Réforme, il a vu bien moins le retour aux origines que le retour à la vérité expérimentale, l'abandon de la théorie pour la pratique. Dans ce retour au passé, à la source pure et profonde, il a pressenti la marche vers l'avenir, et il ne s’est pas trompé.
Protestant, il devait le devenir. Comme toutes les consciences droites, il devait être révolté par les « abus »
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