‹ Bernardin de Saint-Pierre d'après ses manuscritsChapitre 19 sur 69 · INTRODUCTION LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LI

Erreurs sur le texte des lettres : « Le chemin de la vie est semé de ces légères piqûres, il ne faut pas en faire un buisson », aurait écrit Mme Marion Delaville Jehannin, d'après M. Maury (1) ; le manuscrit porte ceci, qui est plus logique et mieux dit : « Le chemin de la vie est semé de ces légères épines » (2). Si l'on en croyait M. Maury, MmeMesnard aurait écrit que Bernardin « peint la tourterelle d'Afrique avec sa teinte coralière sur le cou... Vous reconnaissez dans cette tache la livrée de l'amour, etc. (3). » MmB Mesnard ne fait pas de barbarismes et ne met pas la livrée de l'amour au cou ; elle a écrit : « sa teinte coralinc sur le cœur » (4). Pouvait-elle s'exprimer autrement, puisque c'est précisément là l'expression de Bernardin dans le passage des Etudes qu'elle cite avec admiration (5)? Ailleurs, Mme de Boisguilbert est représenta ■ comme « une adepte toute prête à subir les théories qui ont plutôt un mérite d'ingéniosité que de solidité technique... C'est ainsi qu'elle adopte le système sur les marées (6) ». Or, qu'est-ce qu'en pense Mme de Boisguilbert ? « Ce que vous avez dit sur la cause des marées était tout nouveau pour moi, et je crois pour tout le monde (7). » Estce là le ton d'une adepte, ou d'une femme du monde qui réserve très poliment son adhésion ?

I Maury, p. 12". - (2) clvi, u. — (3) Maury, p. 149-loC. — (4) Mss. eux, I. 2, f. 8. — (5) Œuvres, p. 21G, col. 1. — (G; Maury, p. 151, et note 4. — (7) cxxxii, i>9.

Qu'importent, dira-t-on, des inconnues comme Mme Mesnard ou Mm" de Boisguilbert ? Soit. Mais des fautes de lecture même dans les lettres de la princesse Marie, c'est plus sérieux. Reproduisant des conseils, prodigués « avec la délicatesse d'une main de femme, et la fermeté d'un médecin qui sait son malade », M. Maury fait écrire à la princesse : « Sachez que rien n'est plus capable de lasser le zèle de vos amis que votre irrésolution (1). » C'eût été une prise à partie directe, brutale, si c'était exact : mais la princesse Marie est plus délicate ; car l'original donne ce conseil sous une forme adoucie par son tour général : « Sachez que rien n'est plus capable de lasser le zèle de ziosamis que notre irrésolution (2). » Cette lettre, de plus, est datée, non pas de « juillet 1766 », comme le dit une note un peu vague (3), mais du 2 juillet 1766.

Erreurs de date : une lettre de Mme de Boisguilbert, donnée par M. Maury comme étant du 20 février 1786, est du 18 avril (4). Une lettre de Mmede la Ville Jehannin, datée par M. Maury de 1781, ne porte sur l'original que cette indication a ce 14 août (3) ». Ces petites erreurs sont naturellement plus importantes quand il s'agit de Bernardin lui-même. M. Maury dit que Saint-Pierre a envoyé un mémoire justificatif à MmeNecker, « non

(1) Maury, p. 68-69. — (2) cxli, 6.;i. — (3) Maury, p. 69, note 1. — (4) Maury, p. 151, note 4; mss. cxxxn, f. 60. — (5) Maury, p. 129, note 1.

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