‹ Bernardin de Saint-Pierre d'après ses manuscritsChapitre 20 sur 69 · INTRODUCTION LUI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LUI

pas en 1788, comme le prétend Aimé Martin, mais vers le 5 février 1780 (1) ». Pour avoir la date précise, il suffisait de regarder le manuscrit qui donne: 26 janvier 1780 (2).

Erreurs de provenance :M. Maury dit que Félicité Didot, voulant elle aussi « correspondre avec l'illustre homme de lettres», lui écrivit d'Essonnes, de la propriété de sa famille (3). C'est de Paris, avant le départ des Didot pour Essonnes, qu'elle lui envoie sa première lettre, le 18 août 1792(4).

Erreurs sur les personnes : M. Maury prend bien souvent les correspondantes de Bernardin pour des hommes, ou réciproquement. D'une des meilleures amies de Saint-Pierre, Mlle Girault, personne très religieuse et respectueuse des volontés de la Providence (o), il fait une athée, en mettant sous son nom une tirade matérialiste qui n'est pas d'elle, mais de son frère (6). Pour prouver la séduction exercée par Bernardin sur les cœurs de jeunes filles, M. Maury attribue à M1,e de Pompéry une lettre écrite par Mme de Pompéry, femme d'un gendarme (7j; cela prouve deux choses : M. Maury n'a pas lu les lettres de Mme de Pompéry publiées par sa famille (8) ; il a lu trop

(1) Maury, p. 123, note 2; mss. exix, f. 1-9. — (2) exix, 1-9. — (3) Maury, p. 188. — (4) clvii, 1. 2, f. 59. — (.5) cxxxvi, 76. — (6) Maury, p. 86, note 1 ; cf. mss. cxxxvi, 56. — (7) Maury, p. 170, note 3. — (8) Un coin de la Bretagne pendant la Révolution. Correspondance de il/mK Audouyn de Pompéry avec son cousin et Bernardin de Saint- Pierre. Lemerre, 1884.

vite les lettres manuscrites qu'il cite d'elle, puisque cette prétendue jeune fille y parle de son fils (1).

Ces erreurs sont plus graves quand il s'agit, non plus d'une lettre d'un correspondant quelconque, mais d'une lettre écrite par Bernardin lui-même. M.Maury prétendadressée« à sa vieille amie Mraede Boisguilbert » (2) une lettre du4er avril 1806 qui commence ainsi : « Je reçois avec bien du plaisir, Monsieur... (3).

Erreurs de fait : M. Maury dit que Bernardin avait été dénoncé par les employés du Muséum : il s'appuie pour prouver ce fait sur la lettre d'un de ses sous-ordres : « Les garde-bosquets que vous commandez, lui écrivait un de ses employés, Guillotte, vous accusent de vous être opposé le dix du courant à ce qu'ils allassent secourir leurs frères d'armes qu'on égorgeait au château des Thuileries (4). » Or, cette citation est erronée : en réalité, Guillotte écrit à Bernardin que, le 20 août 1792, il a été, lui Guillotte, mené à la Section des Gobelins : « Rendu à l'Assemblée, M. le Président, après avoir obtenu le silence, me dit : les garde-bosquets que vous commandez vous accusent, etc. (5) »

Si de pareilles erreurs de fait n'ont d'autre importance que la valeur d'un fait isolé et matériel, d'autres sont plus sérieuses, car elles nous font

(l)Mss. cxxxi, 25. — (2) Maury, p. 226, note 2. — (3) ccn, 16- 17. - (4) Maury, p. 183 et note 1. — (5) cxxxvi, 1. 2, f. 101.

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