CHAPITRE XVII
i. Comédies aristophanesques. — n. Jeanne d'Arc. m. La Pierre d'Abraham. — îv. Empsaël et Zoraïde.
Obligé, pour terminer cette question du premier mariage, d'anticiper sur les événements, je reviens aux œuvres littéraires que Bernardin écrivit sous la dictée des événements, ou bien aux études anciennes qu'il modifia profondément sous l'influence delà Révolution. En particulier, Bernardin a composé toute une série
(1) ci.vij, 1. 2, i'. 72. - (2) cxlv, 122.
d'essais dramatiques : on ne s'en douterait guère en parcourant ses œuvres inédites publiées par Aimé Martin.
De Saint-Pierre n'est pas un homme de théâtre ; aussi pense-t-il que toute idée peut prendre la forme dramatique. Ainsi je trouve un scénario, sans grand intérêt du reste, intitulé : Plan du drame qui doit comprendre les objections contre l'attraction (1). Le principal personnage est un marquis italien, membre de vingt-deux académies : il invite un philosophe à la Jean-Jacques à entrer dans son château: ils causent: « Je vis, dit le porte-parole de Bernardin, que la philosophie du marquis était l'attraction greffée sur l'athéisme, ou l'athéisme greffé sur l'attraction. » A la seconde journée, l'Ariste de la pièce cause, dans un village voisin du château, avec une jeune femme : elle a été séduite par le marquis, et en a eu un enfant. Elle ne lit pas Newton, comme l'académicien athée, mais la Bible. Bentré au château, Ariste trouve le marquis se mourant d'ennui : ses statues antiques l'excèdent : toujours les mêmes attitudes ! — Pourquoi n'aimez-vous pas une femme vivante ? — Pour toute réponse, le marquis lui raconte son histoire, calquée sur celle de Bernardin : comment il a été dépravé par son éducation première ; comment ses passions ont été irritées par des châtiments corporels. La pièce se terminait probablement de la façon du monde la plus « sensible » ; le marquis renonçait à Newton, à ses pompes et à ses théories : il épousait la femme qu'il avait séduite.
Nous nous rapprochons sensiblement de la Bévo-