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que ses théories philosophico-religieuses n'obtiendront pas l'assentiment unanime, il se montre très prudent sur le côté politique de son sujet : il souligne avec complaisance, dans un des mémoires, « cette idée remarquable qu'il est sorti plus de grands hommes depuis que la France se gouverne en république, que pendant tous les siècles de la monarchie, et que le caractère des pays libres, comme en Hollande, [est] plus franc et plus probe que ceux des serfs de Pologne et d'Allemagne » (1).
Assuré de ce côté, Saint-Pierre ne craint pas de faire l'éloge d'un autre mémoire dont l'auteur a voulu courageusement prouver que la morale bien entendue conduit « infailliblement aux dogmes consolateurs de l'existence d'un Dieu et de l'immortalité de l'âme » ; que le désordre des sociétés civiles, aussi bien que l'ordre de Ja nature, suffit à prouver l'existence de Dieu.
Enfin, prenant la parole en son propre nom, il établit le néantdelamoralesansDieu, « comme homme, comme républicain, comme membre de l'Institut national, et comme juge placé par vous sur les derniers gradins de cette carrière sainte où vous avez invité tous les hommes libres à concourir, et dont le prix doit être le bonheur du peuple.
« La divinité ne semble-t-elle pas nous dire par ses bienfaits : — Vous êtes tous mes enfants? Quelque part où vous soyez, vous ne sauriez être hors de mon sein. ,1e vous ai préparé une fête [là] où vous êtes. Je vous pn destine d'autres là où vous n'avez jamais été. J'ai donné à vos passions des biens mêlés de maux et passagers comme elle : j'en donnerai de purs et d'immortels à vos vertus. L'amour, la puissance et la jus-