‹ Berne au XVIIIe siècleChapitre 2 sur 9 · H. ÉDITS CONTRE LE JEU ET CONTRE LE LUXE. - ANECDOTES A CB SUJET · texte numérisé non relu

H. ÉDITS CONTRE LE JEU ET CONTRE LE LUXE. - ANECDOTES A CB SUJET

Les Bernois , disons-nous , ont toujours aimé la dissipation , les plaisirs et le luxe : le gouvernement y a , de temps en temps , opposé des édits fort sévères. On a proscrit les jeux de hasard , le gros jeu en général et tous les paris , sous peine d'amendes considérables. Après huit heures du soir, il est défendu de danser; après neuf heures, on n'ose plus jouer aux cartes ; aucun carrosse n'ose rouler après la même heure , et jamais pour aller au bal ou au spectacle. Les annales de la république nous ont transmis une anecdote assez singulière sur l'origine de ces lois somptuaires.

Un prêlre ayant volé à l'autel de l'église cathédrale un ciboire fort riche, on n'eut d'abord aucune connaissance de l'auteur de ce coup hardi, et l'on attribua l'événement à la colère du ciel, irrité conlre les péchés régnants. Ce fut loccasion d'un édit sévère , où l'on mellait des bornes au luxe des habils. On proscrivit les pierreries et les perles; on détendit les jurements, les cartes, les dés; on excepta de la défense les jeux des échecs et du trictrac. La noblesse se distinguait par des modes singulières : les hommes portaient de longs becs à leurs souliers et les femmes des robes à queue traînante. Tout cela fui interdit. La noblesse crut avoir lieu de se plaindre , les femmes se mêlèrent de cette affaire avec chaleur. On vil se renouveler le combai qui avait eu lieu à Rome entre Caton le censeur et les matrones, quand on proposa d'abolir la loi oppienne. Les gentilshommes et leurs femmes furent cités et leur cause plaidée. Condamnés à subir la loi, ils préférèrent l'exil à l'obéissance : celte querelle pensa bouleverser la république. On céda enfin de part et d'autre, et la noblesse rentra dans la ville.

Les Diesbach furent principalement mêlés à ces débats qui arrivèrent en 1 470 , plusieurs années par conséquent avant les guerres du duc de Bourgogne. On voit par ce qui se passa alors, qu'il y avait à Berne, en ce temps-là, une noblesse nombreuse et riche, et que Commines ne connaissait pas les Suisses quand il les représentait comme un peuple de paysans pauvres.

De nouvelles disputes s'élevèrent en 1731 à l'occasion des titres et des prérogatives que plusieurs familles prétendaient. Après d'assez longs débats, on défendit l'usage des armoiries érartelées et de toute espèce de titres de comte ou de baron donnés par des princes étrangers , et par une clause assez bizarre du même code , ou interdit à tout citoyen de s'élever au-dessus d'un autre : ce qui est aussi étrange que si on défendait à un homme d'avoir plus d'esprit que son voisin.

• Le dernier édit contre le jeu est de 1764. Quelques parties où il s'était fait de grosses pertes , et dont on avait trop parlé , occasionnèrent celte nouvelle loi qui oblige tous les magistrats à être délateurs. Il en est résulté que ces messieurs évitent les occasions de voir jouer des jeux défendus. C'est ainsi que Caton se relira des jeux floraux pour ne pas déranger le peuple romain. Depuis cette époque , les jeunes gens jouent plus en secret et plus gros jeu. Celte multitude de gènes a fait imaginer le conte suivant : Un voyageur qui se proposait de faire quelque séjour à Berne arrive aux portes de la ville , il ne peut entrer parce que c'est dimanche et qu'on n'ouvre qu'après le sermon. Il veut loger en maison bourgeoise, on lui apprend que les bourgeois n'osent loger personne. Arrivé à l'auberge il demande à aller dans un café, on lui dil qu'il n'y en a pas , si ce n'est deux ou trois cafés fermés où l'on n'enlre qu'après avoir été présenté et reçu au scrutin. Après dîner il fait venir un carrosse pour parcourir la ville et faire des visites : un gendarme l'arrête et le met à 1 amende , parce que ses chevaux vont au grand trot. On le présente dans une assemblée ; il ne joue que des jeux de hasard; on lui dit qu'ils sont défendus. A neuf heures , il veut se retirer et apprend que les carrosses n'osent plus rouler. N'ayant pas envie de souper, il va prendre l'air à la grande terrasse ; la fraîcheur et la beauté de la nuit le plongent dans une douce rêverie , el quand il veut se retirer, il se trouve prisonnier, parce qu'à onze heures la terrasse se ferme. Un autre jour, il veut aller au spectacle, on lui apprend

qu'il doit aller à pied ; il demande à louer une luge , on lui dit qu'il n'y a pas de loges, el qu'il est défendu de louer des places. Un jour, on le conduit au bal, il s'amuse un moment à regarder les danseurs, puis il engage une dame ; mais au moment où il se place pour une contre-danse , un signal fait cesser la musique et lui apprend que les bals doivent finir à huit heures sonnantes Las de toutes ces contrariétés, il veut quitter Berne le soir même, mais on n'ouvre pas les portes après neuf heures. Le lendemain , il peut enfin partir; mais comme c'est dimanche , il est auparavant obligé de faire solliciter auprès de l'avoyer régnant un billet de permission, sans lequel on ne lui ouvrirait pas les portes. Très mécontent des républiques libres de la Suisse , il s'en retourne en France où l'on fait ce qu'on veut pour son argent, pourvu qu'on ne trouble le repos de personne el où chacun vit à son gré le jour ou la nuit.

iii. eglise ii) siist«it. - musique d'eglise. — tour bt porte be saiîït-

christophe. - fossé aux ours.

L'Eglise de l'Hôpital ou du Sai&f-Eaprit se présente à l entrée de la ville, après qu'on a passé les deux portes, entre lesquelles est un faubourg qui a été ajouté à l'ancienne enceinte. Il y avait autrefois en cet endroit un hôpital desservi par des religieux de l'ordre du Saint-Esprit. L'architecture de cet édifice est élégante. Le portail est décoré de deux colonnes formées chacune d'un seul bloc de grès. Tout le bâtiment est de la même espèce de pierre, excepté le soubassement qui est de marbre brun. La nef est de forme elliptique, et la chaire est placée au haut de la nef. Celte église n a point de chœur, el cela eut, en effet, élé inutile pour le culte protestant ; mais il est surprenant qu'elle soit sans orgues et que celle paroisse , la seconde de Berne , soil obligée de se contenter de la terrible musique des trompettes ( en allemand Posaunen ) qui accompagne le chant des Psaumes. Ces instruments , aussi bien qu'une espèce de cornet ou de clarinette dout le sou est très aigu, fbnl une musique insupportable. La lenteur du chant donl loules le» notes se soutiennent également, en augmente le désagrément. Les orgues seules |>ourraienl en faire supporter la monotonie. Il n'y a pas plus de vingt ans qu'on se servait encore de ces posaunen

duos l'église cathédrale. Les amateurs de l'antiquité prétendaient que ces instruments étaient inséparables des psaumes. Ce fut même inutilement que les partisans d'une musique plus moderne tentèrent de mettre de la variété dans la tenue ou longueur des notes. On décida qu'elles seraient toutes égales , comme les citoyens , et les choses en sont restées là , dans toutes les églises du pays.

Celte Eglise de l'Hôpital a été achevée en 17*29 et fait honneur à l 'architecte. On l'obligea , malgré lui , de défigurer l'intérieur de la nef par des tribunes qui portent sur des piliers et des arcs fort bas. Les bancs de celte église, ainsi que de toutes celles de la ville , sont des propriétés de familles et sont tous marqués aux armes des propriétaires. Les femmes occupent le milieu de la nef et les hommes sont rangés tout autour. Les bancs d'hommes ont seuls des dossiers , comme si l'on eût voulu marquer par là la supériorité du sexe masculin. Du reste, les dames de Berne observent scrupuleusement les distinctions sociales en prenant place dans le lieu saint: la vanité se loge ici comme partout. Il est même assez surprenant de voir, aux grandes fêtes de l'Eglise, les combats qui se livrent pour la préséance. Ces espèces de luttes à coups de coudes rappellent à celui qui en est témoin qu'il est dans l'Eglise militante. Tout cela n'est pas bien conforme à l'humilité et à l'égalité qui devraient régner chez les chrétiens. Je fais ces obser- . vations parce qu'elles m'ont paru caractériser la bizarre fierté des républicaines. Ce même amour du rang et de la préséance se retrouve dans les sociétés et dans les assemblées où l'on joue : la femme d'un avoyer ou d'un trésorier ne manque pas de prendre le haut du sopha. On peut se convaincre ici que Pope a dit vrai, lorsqu il a dit dans une de ses épîtres morales, que les femmes sont gouvernées par deux passions , celle du plaisir et celle de la domination :

« Me», sonie to business, some to pleasure take; » But every woman is at lieart a rake.

» m mi , some to quiet, some to public strife ; » But every woman would be queen for iife. »

L'enceinte de la ville de Berne finissait autrefois à la grande tour qui porte le nom de Saint-Christophe ou de Goliath. La vieille enceinte s'étend depuis cette tour à droite jusqu'à la porte d'Arberg. On a laissé subsister les anciens fossés qui flanquent extérieurement celte enceinie. Près de celte porte on voit une partie du fossé de

la ville, qui sert de demeure à quelques ours qu'on y nourrit pour l'amusement du public. Les historiens de Berne disent qu'après la bataille de Novare, les Bernois ramenèrent en triomphe un jeune ours qu'ils avaient trouvé dans le camp de M. de la Trémouille. Cet ours lui avait été donné à Lucerne où il s'était rendu l'année précédente pour traiter avec les Suisses au nom de Louis XII- On construisit près de la tour des prisons un rossé pour loger cet animal , sans doute en mémoire de la victoire qu'on venait de remporter. Dans la suite des temps, on augmenta le nombre des ours et l'on construisit un second fossé. Une citoyenne de Berne eut la singulière fantaisie de fonder une renie perpétuelle en grains pour leur nourriture. On ajouta une petite maison entre les deux rossés : les murs de ce bâtiment furent ornés de peintures qui représentaient l'histoire de la fondation de Berne. On établit un intendant des ours qui fut chargé de leur entretien. Chaque année on mettait un grand sapin au milieu de chaque fossé , et par je ne sais quelle bizarrerie, le Vendredi-saint était le jour réservé à cette belle féte. Ces fossés ont subsisté pendant deux siècles et demi. On proposa, il y a une vingtaine d'années, de mettre à la réforme ces pensionnaires inutiles et gloutons. Mais ils trouvèrent des défenseurs ; rattachement aux anciennes institutions engagea à les conserver, on ne fit que changer leur demeure ; l'ancien fossé qui défigurait une belle place fut comblé et la maison rasée. Un certain Bruys , qui voyagea en Suisse en 4728, rapporte au sujet des ours de Berne une anecdote plaisante que les curieux trouveront dans ses mémoires.

V. GRAND HOPITAL. - HOPITAL DE L'ILE. — CONSEIL DE SANTÉ. - MAITRISES. — RÈGLEMENTS SUR LES BLÉS. — GRENIER.

Le bâtiment du Grand Hôpital a été achevé en 1741 . C'est un bel édifice carré, situé entre les portes ou dans le faubourg. Ses revenus , provenant en partie de legs pieux , sont très considérables. Cet hôpital est propriétaire de la belle île de Saint-Pierre dans le lac de Bienne. Il distribue des aumônes en argent, en pain et en soupes , aux indigents du corps de la bourgeoisie. L'origine de cet hôpital remonte à Tannée 1233. 11 fut longtemps desservi par deux religieux et un maître de l'ordre du Saint-Esprit ; mais

la corruption qui étail devenue générale parmi les moines , gagna ceux-ci au point que l'an 1499 on leur lit leur procès. Il fut prouvé qu'ils consommaient annuellement 4,800 pots de vin. Une querelle qui s'était élevée entre le maître de l'hôpital et les frères , donna lieu à dévoiler leurs scandales. Les historiens de Berne , qui nous ont transmis les détails de ce procès , rapportent l'accusation du maître contre les frères en ces termes : « Il déclara qu'ils étaient paillards, impies, voleurs et ignorants comme des ânes. Les frères répliquèrent que le maître était épicurien, athée, hérétique, joueur et goulu. »> Le maître ayant été mis en prison se pendit lui-même. Les aunales suisses sont remplies de pareilles histoires.

Aujourd'hui cet hôpital sert à loger les pauvres paysans à qui on donne à manger et quelque argent pour continuer leur roule. On y reçoit des pensionnaires qui ont d'assez bonnes chambres ; d'autres logements sont occupés par des fous ou par des gens que leur mauvaise conduite y a fait enfermer à la réquisition de leurs familles. La grande charité des établissements bernois et la beauté des bâtiments qu'on y a destinés a passé en proverbe ; on dit que dans celte ville les pauvres sont logés comme des princes et les grands comme des pauvres. Ce bâtiment du Grand Hôpital est cependant critiqué ajuste titre : la principale porte de la grande façade est trop petite; tout le socle de l'édifice est attaqué par l'humidité du sol où il y avait autrefois des jardins. Les particules nilreuses contenues dans ce terrain ont gagné la pierre de grès qui tombe en efflorescence. Le voyageur Andrse , dans ses lettres sur la Suisse , attribue cet accident à de petites marcassites invisibles contenues dans le grès ; il cite même des exemples de pierres dures qui subissent le même sort , et croit que cette maladie est la lèpre des bâtiments dont il est parlé dans les Livres de Moïse. Aujourd'hui on prévient cet accident en établissant tous les bâtiments neufs sur des socles de marbre bâtard qui les préserve parfaitement. Sur la grande porte on lit cette inscription :

« Cliriâto in paujieribus. m

Cet hôpital a un intendant et un receveur qui sont logés dans le rez-de-chaussée. Ils sont , aussi bien que le prédicateur attaché à la maison , entretenus aux frais de l'institution qui est administrée par des membres du gouvernement sans aucun salaire. Les gens de service appartenant à l'hôpital sont appelés Bettehogt; ils portent

la livrée de la ville : noir et rouge. Un usage pieux attaché à leurs fonctions est de collecter tous les dimanches, à l'issue du sermon, des aumônes qu'on leur donne dans un grand nombre de maisons particulières ; ils portent à cet effet une clochette et une boîte de fer-blanc, où l'on jetie ce qu'on veut bien leur donner pour être distribué à la porte de l'hôpital. C'est dans cette même maison qu'on prépare les repas des galériens dont le domicile est à côté ; leur travail n'est pas fort rude, et l'on a vu des gens parmi eux qui ont préféré cette existence à la liberté indigente qu'on voulait leur rendre.

V Hôpital de Vile ('), destiné uniquement aux malades, est un bâtiment en pierres de taille, situé dans la plus belle exposition , il a des terrasses et des jardins très remarquables. Ses revenus sont de la même nature que ceux de l'hôpital des pauvres. Les facultés de médecine et de chirurgie y sont annexées. Un conseil de santé composé de magistrats et de médecins veille à tous les cas qui intéressent la vie et la santé publiques; c'est une des parties du gouvernement les mieux administrées. Un édit récent de ce tribunal interdit l'inoculation de la petite vérole dans les villes; il la restreint à la campagne et aux saisons du printemps et de l'automne. On s'est aperçu , en effet , dans ce pays que l'inoculation , se répandant de jour en jour, perpétue le mal qu'on prétend prévenir. La visite dont M. le comte de Falkenstein (*) a honoré M. Haller à son passage à Berne , avait en grande partie la matière médicale pour objet. Elle fait également honneur à l'un et à l'autre.

Le droit de vendre des remèdes est encore un privilège des citoyens. Les pharmacies de la ville appartiennent à des familles qui en tirent de très beaux revenus. Elles sont soumises à l'inspection de la Faculté et fournissent à tour . d'année en année , les hôpitaux publics.

Tous les métiers sont incorporés dans des maîtrises ; il n'est permis de vendre des souliers, des chapeaux, etc. , qu'avec leur permission. Ces sortes de gênes n'empêchent jamais la contrebande et nuisent à l'industrie. Les bouchers forment à Berne une corporation très considérable et jouissent de grands privilèges. Ils ont entre autres le droit de rétraction sur les marchés ; mais le prix

(') Du temps de l'empereur Rodolphe I er , une communauté de religieuses établie jusqu'alors dans une pelite île de l'Aar, transporta son couvent dans ^endroit où est maintenant cet hôpital. De là sou nom.

(*) C'est le nom que l'empereur Joseph II prenait dans ses \oy?ge«.

de la viande est taxé par le gouvernement ; il paraît singulier que dans un pays où le prix de toutes les denrées est libre, celle-ci soit la seule assujettie. Dans les temps de la cherté des blés , en 1770 et 1774, le gouvernement travailla à régler les profits des boulangers qui composent de même une maîtrise. On publia un règlement pour les meuniers , un autre pour les boulangers ; on établit une proportion entre leur gain et le prix de la denrée. Mais tous ces règlements n'ont pu empêcher le cours naturel des choses : les hommes n'ont pas le temps de calculer si juste leurs besoins journaliers. On s'occupa dans le même temps du prix des blés, on permit l'entrée des grains étrangers sans fixer le prix, et cette liberté d'importation, accompagnée de la défense d'exporter les blés du pays, fut accompagnée de la résolution de faire de grands achats pour le gouvernement. Il en coûta de grandes sommes ; la crainte de la disette fit plus de mal que la cherté! Le prix du boisseau de froment , du poids de vingt livres, monta à six livres, argent de France, prix dont on n'avait pas eu d'exemple. Le pays fut surchargé de blés étrangers. Ne semble-t-il pas que le meilleur des règlements serait de fixer un prix, qui devrait être le baromètre de l'exportation et de l'importation ? Dans ce pays , quarante-cinq sols de Fiance ou trente sols de Berne sont à-peu-près le prix moyen au-dessous duquel la denrée ne paie plus la culture, et au-dessus duquel le public est en souffrance. Aujourd'hui, l'importation des grains étrangers reste permise, quoique le prix soit déjà au-dessous de ce taux.

Le Grenier public de Berne est un des plus beaux bâtiments de la ville. Les caves voûtées qui sont dans les souterrains servent à garder des provisions de vin considérables. Il faut observer ici que le système de la république de Berne est de payer la plus grande partie des bénéfices et des charges publiques en denrées beaucoup plus qu'en argent. Cela me paraît fort sage : car l'homme vit toujours à-peu-près de la même quantité de denrées , tandis que la valeur relative de l'argent monnayé est sujet à de grandes variations : cent livres numéraires suffisaient autrefois à la dépense annuelle d une maison. Aujourd'hui , pour les mêmes usages, il en faudrait plus du double. C'est en pensions de cette espèce qu'une grande partie des revenus de la république en blé et en vin sont annuellement employés. C'est une grande famille , dont l'Etat est le père et qui nourrit ses enfants , qui sont les citoyens.

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