IX. SOCIÉTÉ ÉCONOMIQUE
La Société économique de Berne doit sa naissance à M. Tsfhiffeli, excellent citoyen , un des fondateurs de la Société helvétique de Schinznach.
Une invitation au public, faite par M. Tshiffeli, rassembla en 1759 un petit nombre de citoyens occupés du bien public et surtout de l'avancement de l'agriculture et des arts économiques. On ne songea d'abord qu'à proposer annuellement des prix sur quelques questions utiles ; on reçut bientôt des mémoires de tous côtés. MM. les marquis de Mirabeau et de Turbilly devinrent membres correspondants de la nouvelle société qui, au bout d'une année, se trouva en état de donner au public un volume d'excellents mémoires. La source n'a pas tari jusqu'à présent. Les mémoires des premières années , imprimés seulement à un petit nombre d'exemplaires , sont devenus rares.
La réputation du grand Haller, qui fut longtemps président de cette société et qui s'est fait honneur de joindre ce titre à ses autres couronnes académiques, a contribué à la faire connaître. Elle a eu du reste des crises et des adversaires comme la plupart des institutions nouvelles , quelque utiles qu'elles soient. Certains mé-
moires et certaines questions, qui semblaient se rapporter à des .objets de législation , déplurent aux gens intolérants qui ne veulent pas qu'on touche au sanctuaire des lois . même pour y porter la lumière : mais ces inquiétudes se sont calmées , et le gouvernement témoigne aujourd'hui de son bon vouloir pour la société en lui allouant des subventions, très modiques il est vrai. A. mesure que sa réputation s'est accrue , elle a augmenté ses relations avec les étrangers. Il y a quelque temps qu'un inconnu l'a rendue dépositaire d'un prix qu'elle devra décerner à un mémoire sur le meilleur système de lois criminelles, relativement aux délits et aux peines ; quoique ce sujet fût étranger à l'objet des travaux de la société, elle* a accepté cette commission, en vertu du grand principe de l'utilité générale. Une collection de modèles et de bons livres forme jusqu'à présent toute sa richesse : elle devrait y joindre un cabinet d histoire naturelle , mais elle manque encore d'un domicile fixe et d'un local commode pour loger ses collections. La société de Zurich est plus heureuse : elle possède une maison spacieuse, des terrains pour faire des expériences sur la végétation, et des recueils de dessins de plantes qu elle doit à la munificence du chanoine Gessner, homme éclairé , bon citoyen et si modeste qu'il n'a pas voulu publier ses travaux , ne les trouvant pas assez achevés.