LÉGITIMITÉ DES MESURES DU PAPE
I. — Le pcqye peut excommunier et déposer les évêques et les rois.
La question à résoudre se présentait sous un double aspect. Le Pape avait-il autorité sur tous les évêques et fallait-il se séparer de son évêque s'il était atteint par les mesures de Grégoire YII? Il y avait surtout le côté poli-
(1) M. G. Lib., t. I, p. 609.
tique, et ici la question intéressant le roi et sa couronne prit un caractère aigu.
Il fallait nier le pouvoir des papes : on le nia, et ce furent Sigebert de Gembloux (1), l'auteur anonyme du De Unitate ecdesiœ (2), qui, suivant les traces d'Henri IV (3), affirmèrent, sur l'autorité des Pères, l'indépendance des princes séculiers qui relevaient de Dieu seul. Tout au moinsi essaya-ton de feindre l'étonuement en face d'une pareille nfesure et Wido de Ferrare (4), Wido d'Osnabruck (5), mirent au défl les partisans du pape de justiâer cette mesure par l'iiistoire de l'Eglise. Quelques uns même afficliaient le plus profond dédain. A leurs yeux, Grégoire VII n'était qu'un brouillon fâcheux chercliant avant tout ses intérêts personnels, et Wido d'Osnabruck (6) ajoutait l'injure, assurant que tout autre aurait été la conduite du pape s'il avait eu vraiment l'esprit apostolique. Leur audace allait si loin, que, au concile de Quedlinbourg, un clerc de l'église de Bamberg osa s'avancer au milieu de l'assemblée et soutenir ces doctrines.
Dès 1076, Bernold avait pris la i)lume et, dans le De damnatione schismaticorum^ il avait présenté comme une ébauche de solution aux difficultés que l'on commençait à soulever. Il racontait les événements qui avaient précédé le concile de 1075, le défi lancé au pape dans le conciliabule de Worms, et, s'appuyant sur quelques textes em- 13runtés aux écrits des Pères, il faisait remarquer la X)résomption de ces conspirateurs qui avaient voulu se