‹ BerryerChapitre 11 sur 12 · GS · texte numérisé non relu

GS

« 0 Monseigneur !

« O mon roi ! on me dit que je touche h ma der- •i nière heure. Je meurs avec la douleur de n’avoir « pas vu le triomphe de vos droits héréditaires, con- « sacrant l’établissement et le développement des « libertés dont notre patrie a besoin.

« Je porte ces vœux au ciel pour Votre Majesté, « pour Sa Majesté la Reine, pour notre chère France.

« Pour qu’ils soient moins indignes d’être exaucés « par Dieu, je quitte la vie armé de tous les secours « de notre sainte religion.

« Adieu, Sirel que Dieu vous protège et sauve la « France 1

« Votre dévoué et fidèle sujet,

« \ 8 novembre \ 868. »

A cette lettre répondit la dépêche suivante :

« Émotion profonde à la lecture de l’admirable « lettre adressée 'a M. le comte de Chambord. Vive « reconnaissance pour l’expression de sa fidélité et de « ses vœux. Ardentes prières pour la conservation de « ses jours.

« Frohsdorf, 24 novembre <1868. »

SOUVENIRS INTIMES

On put encore lire cette dépêche a Berryer, dont elle adoucit les derniers moments. Elle était suivie d’une lettre qui ne put arriver à Augerville que lorsque tout était consommé.

« Frohsdorf, 25 novembre 1868.

« C’est avec une vive émotion que j’ai lu, mon cher « Berryer, la lettre que vous venez de m’écrire, et je « veux vous dire ici combien j’en suis profondément « reconnaissant. J’y trouve tout votre noble cœur et « votre inaltérable dévouement. Nous ne cessons, ma « femme et moi, de prier Dieu, qui vous console dans « vos souffrances, de vous conserver a la France, à : « vos amis et 'a la cause du droit. Croyez plus que « jamais, dans cette grande épreuve que la Provi- « dence vous envoie, à toute ma gratitude et a ma « constante affection.

« Henri. »

En apprenant la triste nouvelle, M. le comte de Chambord écrivit la lettre suivante à madame Arthur Berryer :

« Frohsdorf, le 30 novembre 1868.

« J’apprends, Madame, le malheur qui vient de « vous frapper, et je ne veux pas tarder un instant

« â vous dire combien je m’associe du fond de mon « âme â votre affliction filiale.

« La France perd dans la personne de M. Berryer « un de ses plus nobles enfants , la cause du droit, son « plus éloquent défenseur, et moi, un de mes plus '<■ fidèles amis. Je n’oublierai jamais, croyez-le bien,

« ce qui a fait, durant le cours de sa longue carrière, « la force, la gloire et l’honneur de sa vie, la con- « stance de son dévouement, la sincérité de sa foi,

« la chaleur de son cœur, l’élévation de son caractère, « la puissance de sa parole, l’ascendant de son génie. « Je n’oublierai pas non plus les services qu’il a rendus « 'a notre cher pays, a ma famille et â moi-même.

« Soyez auprès de son petit-fils, mon filleul, l’in- « terprète de ma douloureuse sympathie, et dites-lui « de se montrer toujours digne du nom qu’il porte.

« Recevez l’assurance de mes sentiments bien sin- « cères.

« Henri. »

Dans le royal asile de Frohsdorf , un double cadre frappe les regards : d’un côté est le portrait de Berryer, de l’autre son touchant et sublime adieu. Puis audessous cette légende dictée par M. le comte de Chambord :

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