ENTRÉE DE NAPOLÉON ET DE MARIE-LOUISE A PARIS
Mille cris jusqu’aux deux montent de toutes parts,
L’organe des combats gronde sur nos remparts.
Il gronde. . . Ce n’est plus cette voix meurtrière Qui renverse des camps la sanglante barrière Quand deux peuples rivaux, précipitant leurs coups, Arment l’un contre l’autre un funeste courroux ;
C’est le chant du triomphe et le cri de l’ivresse!
Au milieu des transports d’une vive allégresse,
Nos frères, nos amis, à nos vœux sont rendus!
Une fille des rois, belle de ses vertus,
Brillante des attraits qui parent Cythérée,
Nous ramène la paix si longtemps désirée ;
Sa main de tous les yeux vient d’essuyer les pleurs;
Sa voix conciliera les esprits et les cœurs.
Favorisé des dieux, armé de leur puissance,
Un héros, à jamais l’idole de la France,
Un héros, le modèle et le vengeur des rois,
Au bruit de son courroux, au bruit de ses exploits. Des enfants d’Erinnys chassant l’indigne horde,
A son char triomphal enchaîna la discorde. Guerrier-législateur, les peuples à sa voix Ont reconnu leur maître, ont adopté ses lois.
SOUVENIRS INTIMES
trée de Napoléon et de Marie-Louise 'a Paris. Les vers n’étaient peut-être pas très-bons, mais le sentiment qui l’animait en cette circonstance était celui du patriotisme, sentiment qui, dans toutes les phases de sa vie, ne s’est jamais démenti.
Je vous atteste, ô Dieu ! pour réparer nos maux, Quand vos puissantes mains guidèrent ce héros,
Ne le vîtes-vous pas, au milieu de sa gloire,
Gémir, et s’inclinant sur son char de victoire, Demander à vos pieds un triomphe plus doux ?
Enfin, vous l’exaucez; Mars arrête ses coups.
Dieux, amis de la paix, achevez votre ouvrage;
De ce héros chéri conservez-nous l’image :
Qu’un fils mette le comble à vos nombreux bienfaits.
Célébrez le monarque et l’épouse chérie Dont l’aimable regard rend le ciel plus serein ; Animez de leurs traits et le marbre et l’airain ; Invoquez le secours des filles de Mémoire,
Qui des princes fameux éternisent la gloire.
Et que la vérité, guidant votre pinceau,
Des vertus de nos rois consacre le tableau.
Vivez, prince, vivez pour faire des heureux.
Tige en héros féconde, arbre majestueux,
Déployez vos rameaux, et croissant d’àge en âge, Protégez l’univers sous votre auguste ombrage.
Berryer fils,
Elève du collège de Juilly.