‹ BerryerChapitre 109 sur 211 · Berrj'er, Plaidoyers, II, p · texte numérisé non relu

Berrj'er, Plaidoyers, II, p

comme ils insistaient l'un et l'autre, il prit le portefeuille : a Mon enfant, dit-il à la jeune fille, il faut vous marier à quelque honnête jeune homme. Votre père et moi nous n'avons pu trouver que 10,000 francs pour votre dot. C'est bien peu, mais enfin vous nous excuserez; nous avons feit ce que nous avons pu : les voilà ! » Et la jeune fille à son tour de protester avec force. « Mon enfant, insista Berryer, j'ai fait ce que vous vouliez. C'est à votre tour d'obéir. Je vous ordonne d'accepter cet argent. » — Alors, ajoute l'article auquel j'emprunte ce récit : « Il fallut bien se soumettre en pleurant de reconnaissance et de joie ^ » Pour toute récompense, Berryer leur demanda de garder sur tout cela le silence le plus absolu. De tels faits sont fréquents dans la vie de Berryer, mais il mettait à les cacher une réserve toute chrétienne, et rien ne lui déplaisait tant que d'en entendre parler 2.

Tout près de la maison de Berryer, rue des Petits-Champs, habitait une pauvre marchande de faïence. Elle eut un procès qui menaçait de ruiner son petit commerce. Quel avocat choisir? Il y avait bien M. Berryer, mais c'était un homme si célèbre qu'elle ne pouvait se résoudre à l'aborder. Pourtant, se disait-elle, il a une bien bonne figure. Enfin elle frappa à la porte du grand avocat et timidement lui exposa son cas. « Entre voisins, lui dit Berryer, on ne se refuse pas un service. » Il étudia l'affaire, défendit la pauvre marchande comme s'il eût défendu une reine et gagna son procès. Grande joie de la bonne femme, mais aussi grand em-

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