De Falloux, Mémoires, I, p
décourager les idées et leur l'aire prendre, aux yeux de la foule impatiente, des formes étranges de visions et de chimères. Berryer refoulait en lui-même ces sentiments et ne cessait d'exciter à l'espoir ses amis politiques.
Les royalistes ont éprouvé cette année des échecs individuels, écrivait-il en 1846 à un candidat malheureux, mais leur importance, leur influence, leur caractère, ont été mis plus que jamais au grand jour, et je suis persuadé qu'ils compteront davantage à l'avenir dans le pays.... Non, mon ami, non, il ne faut pas songer à la retraite.... Il ne faut pas rendre les armes ! A votre retour dans Bordeaux, vous trouverez des dispositions de l'opinion publique qui vous consoleront et vous rendront l'énergie nécessaire à la lutte ; puis, vous viendrez m'embrasser cet hiver, nous causerons, et mon amitié toujours sincère et toujours dévouée vous redira quels devoirs publics imposent la con\iction du bien que l'on peut faire et le chagrin de voir le mal qui se fait. Adieu, adieu, mais au bon revoir. A vous de tout cœur.
Berryer i.
Nous avons dit ailleurs la part qu'il prit, en 1847, aux discussions sur la réforme électorale. « C'est quand on ne sait pas reculer soi-même les limites à temps, s'écriait-il avec un accent prophétique, qu'elles sont renversées, et renversées par des mouvements impétueux. » Cette tempête, qu'il apercevait seul alors des hauteurs de son génie, était à la veille de se produire, et le flot populaire allait « culbuter » en un jour le gouvernement de Juillet.