‹ BerryerChapitre 131 sur 211 · OEuvres paiiem., IV, p · texte numérisé non relu

OEuvres paiiem., IV, p

confiscation atteigne les palais ou les chaumières, de modestes champs ou de vastes domaines, il n'importe ! Le mal est le même et ce mal est contagieux. En nos jours, plus que dans aucun temps, l'envahissement de la propriété, l'oubli des droits, le mépris des contrats, seraient des exemples pleins de périls pour la sécurité de toutes les conditions sociales ; et tout gouvernement doit être convaincu que sa dignité, sa force, son influence sur les intérêts de tous seront jugées et mesurées, dans l'esprit du peuple, par le respect qu'il saura garder pour le droit, la justice et l'honnêteté publique....

Nous avons senti, ajoutait-il en terminant, qu'il serait contraire à la dignité et à la générosité de la France d'imposer d'autres souf-' frances et d'autres misères à ceux qui doivent tant souffrir d'être, proscrits du territoire de la république, ou de laisser des États étrangers porter l'hommage de leurs secours à une famille qui, pendant près de vingt années, a obtenu l'honneur de gouverner notre pays, et de commander nos armées et nos flottes i....

Berryer ne défendait pas seulement les intérêts matériels des princes. Au-dessus de ces intérêts, au-dessus même du légitime plaisir qu'ils éprouvaient de vivre dans la patrie, il plaçait leur honneur et leur dignité. En 1848, il s'était opposé à la proposition d'exil contre Louis-Philippe et sa famille. Mais lorsque l'année suivante, en 1849, M. Creton et le prince Louis Bonaparte, nommé député de Paris, demandèrent l'abrogation des lois d'exil, afin que les Bourbons pussent rentrer en France et jouir de leurs droits de citoyens, Berryer ne put le souffrir. Il attaqua le projet comme manquant de sincérité, comme attentatoire à la dignité des princes, et capable de jeter le désordre dans le pays.

Je dis que la proposition n'est pas sincère, la proposition serait sans résultat, la proposition ne saurait être efficace, elle ne renferme qu'une apparente générosité ; elle est contraire à la générosité; et je m'explique ouvertement ; vous vous récrierez, si vous le jugez convenable....

Messieurs, quand les héritiers du roi sont éloignés du trône, quand ils sont proscrits, exilés de leur propre patrie, ils n'en sont pas

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