‹ BerryerChapitre 139 sur 211 · Alfred Nellemeât · texte numérisé non relu

Alfred Nellemeât

hommes politiques eurent avec Berryer, on s'occupa de la fusion, on discuta les conditions de la restauration future et la nécessité, pour la monarchie du comte de Ghambord, de se montrer sincèrement constitutionnelle et libérale.

On régla même la grave affaire du drapeau qui, en 1873, empêcha le retour du comte de Ghambord. Berryer voulait que le drapeau français apparût vraiment comme a le symbole de l'union, le lien du passé et du présent, la conciliation de tous. j> En conséquence, il proposait l'alliance des fleurs de lis et du drapeau tricolore. Et le comte de Ghambord se montrait alors très conciliant, témoin cette anecdote que Berryer se plaisait à raconter. Un des secrétaires du prince, le comte Fernand de la Ferronnays, se trouvait de passage à Paris. Berryer vint le voir; il portait à ce jeune gentilhomme une véritable amitié, et lui avait fait épouser la fille d'un de ses camarades de collège, M. Gibert de Thieux. En sortant, au lieu de prendre la porte de Tescalier, Berryer ouvrit parmégarde celle d'un placard et recula en apercevant un uniforme de lieutenant général avec un chapeau à cocarde tricolore. M. de la Ferronnays lui avoua en souriant que le comte de Ghambord avait commandé cet uniforme et le chapeau pour le jour de son entrée 3 Paris. Aussi le prince faisait-il répéter par ses intimes qu'il n'avait aucun parti pris sur le drapeau, et que le premier régiment qui le saluerait sur la terre de France trancherait la question *.

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L'union s'est-elle du moins rétablie dans le parti légitimiste? Nullement. A côté du groupe de M. Berryer, qui ren-

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