‹ BerryerChapitre 146 sur 211 · Œuvres parlem., V, p. H · texte numérisé non relu

Œuvres parlem., V, p. H

plus divisés que jamais, Tous les efforts de Berryer pour conjurer le péril échouèrent complètement.

M. Thiers et quelques autres orléanistes combattirent avec acharnement l'idée de la revision et ne contribuèrent pas peu à la faire échouer. Ils considéraient le maintien de la Constitution comme une barrière opposée aussi bien au comte de Ghambord qu'à Louis Bonaparte. Quels étaient les vrais desseins de M, Thiers? A qui destinait-il la présidence? Au prince de Joinville ou à lui-même? On ne sait. « M. Thiers, écrivait Louis Veuillot, n'a jamais vu l'avenir que sous la forme d'un édifice dont il occuperait le sommet. Il croit que la France a besoin de lui, — et lui, il a besoin d'un piédestal i. »

L'autre partie des orléanistes dirigée par le duc de Broglie et Montalembert semblait disposée à s'unir aux amis des princes, à voter la revision, à accorder au président dix ans au lieu de quatre, afin d'apaiser sa convoitise et de faire avorter l'Empire. Cette politique de dupes était chaudement recommandée par Louis Veuillot dans V Univers.

Et les légitimistes, allaient-ils se trouver unis sur cette question ? A vrai dire, la plupart se pressaient autour de Berryer. A leurs yeux, la France était lasse de la République, lasse des expédients et de cette incertitude que Villemain appelle la « phtisie des États. » Dans son horreur pour l'anarchie, elle allait se livrer au césarisme. A tout prix, il fallait empêcher ce malheur, il fallait montrer au pays qu'il ne trouverait la stabilité et la paix que dans le principe traditionnel. « Nous n'avons pas demandé la revision, disait Berryer, mais puisqu'on la propose, nous serions coupables de laisser échapper une chance qu'on ne retrouvera peut-être jamais. »

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