‹ BerryerChapitre 147 sur 211 · L. Veuillot, Mélanges^ V, p · texte numérisé non relu

L. Veuillot, Mélanges^ V, p

C'eût été chose bien extraordinaire de voir tous les légitimistes suivre la politique de Berryer. Un certain nombre aimèrent mieux se rallier à M. Thiers. M. de Falloux nous présente ce dernier occupé à enrégimenter les antirevisionnistes et semant à pleines mains dans les rangs de la droite les germes de la division. « Il nous donna, durant toute cette période de la revision, le spectacle du langage le plus amical couvrant l'action la plus agressive et la plus passionnée.... M. Berryer me montrait un jour à l'Assemblée M. Thiers parlant ^très confidentiellement et très vivement dans un coin, à l'un de nos collègues, et lui qui, par générosité de cœur comme par habituelle hauteur de préoccupation, dédaignait les épigrammes, ne put s'empêcher de me dire: « Mon ami, quand vous voyez un homme de tant d'esprit que M. Thiers prendre tant de peine à entretenir des interlocuteurs si peu en état de faire sa partie, soyez sûr qu'il y a quelque mauvais dessein là-dessous et prenez-y garde. » En vain M. de Falloux avait-il rapporté de Venise des instructions très positives : « Quand j'eus fait à M. le comte de Ghambord le récit détaillé de ce qui se passait entre nous, quand j'eus démontré, ce qui m'était bien facile, que nous considérions tout pouvoir viager du Président comme le préliminaire de l'Empire, il parut soulagé et donna, en ma présence, au duc de Lévis, les instructions les plus nettes pour que, devant rentrer à Paris quelques jours avant moi, il y fît connaître d'avance qu'il se rangeait à l'avis de M. Berryer sur la revision, qu'il souhaitait que personne ne se séparât de lui sur cette question, et que je serais formellement autorisé à le déclarer en son nom K » Malgré tout, une douzaine de députés s'obstinèrent; les principaux opposants

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