De Falloux, Mémoires, II, p
— asô — étaient MM. de Saint-Priest, de Laboulie et Nettement. Ils affirmaient être mieux placés que le roi lui-même pour juger de ses véritables intérêts. Quatre d'entre eux s'inscrivirent même pour parler contre la revision.
Lorsque le projet arriva à l'Assemblée, le 14 juillet 1851, comme il devait, pour réussir, être l'objet de trois délibérations successives, et réunir en première lecture les trois quarts au moins des votants, l'échec, par suite de ces divisions, paraissait bien probable,
Dans les séances du 15 et du 16 juillet, M. Michel, de Bourges, un des orateurs les plus véhéments et les plus écoutés de la gauche, avait, à propos de la revision, dressé un véritable réquisitoire contre la royauté. Berryer lui répondit, et sa parole, ce jour-là, « atteignit une éloquence qui n'a jamais été surpassée ni par aucun autre, ni par luimême *. »
Tout d'abord, l'orateur s'expliqua sur la revision et sur les motifs patriotiques qui la rendaient nécessaire.
Noua n'avons pas demandé la re vision, dit-il en sTibstance...., mais quand ce mot a retenti, pouvions-nous méconnaître qu'elle est désirée par le pays, qu'elle répond à un besoin plus ou moins éclairé, mais à un besoin manifeste du pays ?.,.. Nous qui sommes profondément convaincus et des vices et des dangers des institutions actuelles, nous que tout le monde sait être sincèrement, persévéramment attachés à des principes tout contraires, quand la revision était demandée, pouvions-nous nous refuser à cet appel?.... Nous l'avons accueilli bien moins pour satisfaire à des affections ou à des vues de parti que pour écarter deux dangers immenses qui nous paraissent menacer le pays.
Ces dangers sont l'instabilité gouvernementale, l'anarchie des pouvoirs publics, et comme conséquence le césarisme. Berryer le fait ressortir en termes saisissants.