‹ BerryerChapitre 15 sur 211 · V. Ch. de Lacombc, Corr., 1. c · texte numérisé non relu

V. Ch. de Lacombc, Corr., 1. c

Berryer père s'attristait de ces violences. Quant à son fi]s, il les méprisait et s'attachait d'autant plus à la cause du maréchal qu'elle semblait plus désespérée. « Il faut écrire au roi, dit-il à son père, et connaître quels sont ses sentiments. » Lui-même se chargea de porter la lettre. Un officier de service le fit entrer dans une galerie du palais que le roi devait traverser. Bientôt Louis XVIII parut, marchant péniblement, la tête penchée sur la poitrine. L'officier lui montra le jeune homme : « Sire, c'est le fils de l'avocat Berryer qui désire remettre une lettre de son père à Votre Majesté. » Le roi prit la lettre, fit quelques pas, s'arrêta, brisa l'enveloppe et parcourut rapidement le contenu. Puis s'adressant à Berryer, à haute voix et devant toute sa suite : « Dites à votre père d'être bien tranquille et de faire son devoir. » Les paroles royales furent répétées et produisirent leur effet ^

On traduisit d'abord Ney devant un conseil de guerre composé de maréchaux et d'officiers de l'Empire, témoins de son ancienne valeur : Moncey, Masséna, Augereau, Jourdan et Mortier. Moncey devait présider, mais il aima mieux se laisser enfermer à Ham que de condamner son illustre camarade. Il est possible, et Berryer l'a toujours cru, qu'en donnant à Ney ce tribunal, le gouvernement ait voulu le sauver. Quoi qu'il en soit, le maréchal récusa énergiquement ses juges. Il concevait pour ses collègues une défiance insurmontable. A son avis, un jugement militaire ne pouvait se terminer que par la mort. Ce fut une grave erreur et une faute irréparable. Ses avocats firent vainement tous leurs efforts pour l'empêcher. Ney obligea Berryer père à plaider l'incompétence du conseil de guerre, qui s'empressa de se soustraire à une charge pénible. Berryer vint avec son père à la

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