De Boissieu, Gazelle de France, novembre
présenter à Henri IV les clefs de Paris. Plus tard, Augerville passa au baron de Perrault, dévoué aux Condés. En sortant de Paris pour commencer la Fronde, le grand Condé s'arrêta à Augerville, et une dernière fois voulut négocier avec Anne d'Autriche. Mais le courrier qui apportait la réponse de la reine mère s'égara, confondant Angerville avec Augerville, et le prince impatient partit pour Bordeaux.
Le château se compose d'un corps de logis fort simple, surélevé au centre par un gracieux pavillon. La façade principale est flanquée d'élégantes tourelles. Le tout repose sur deux étages souterrains qu'entoure une ceinture de fossés d'eau vive de vingt-quatre mètres de largeur. Après avoir passé la grille ouverte sur la place du village, laissé de côté la grande cour et les communs, on franchit le pont qui donne accès au vestibule. De l'autre côté s'étend une vaste terrasse bordée de murs où grimpent les lierres et les glycines, ornée de parterres où croissent les roses, les œillets et les lis.
Mais en 1826, Augerville, depuis longtemps délaissé, était presque une ruine. Berryer s'attacha à le réparer. Il y apporta à la fois un goût exquis et une ardeur extrême. On ne pouvait l'arracher aux travaux commencés. <? Je demeure ici comme un paysan hébété, écrivait-il, je ne cède point aux gens qui m'appellent à Paris ; si bien que le Journal des Débats d'avanl-hier vous aura peut-être appris que j'ai la fièvre tierce. Il n'en est rien ; je n'ai eu qu'une fort légère indisposition dont j'ai tiré parti pour rester au milieu de mes vaches et de mes vachers i. »
Comment s'étonner qu'ayant fait d'Augerville uns demeure délicieuse, Berryer s'y soit profondément attaché? Cet