‹ BerryerChapitre 160 sur 211 · M"» de Janzé, p · texte numérisé non relu

M"» de Janzé, p

Telle est la retraite que Berryer s'est ménagée. Habituellement couché avant minuit, il s'endort aussitôt, et maître absolu de son sommeil, le réduit au strict nécessaire. Dès l'aube, Berryer se lève : on le trouve au parc, aux communs, dans les champs. Parfois, de sept heures à neuf heures il se recouche, puis, selon les circonstances, reçoit et travaille. A Augerville, il ne porte pas comme à Paris son fameux habit bleu à boutons de métal, le gilet blanc et la cravate noire. M. Bigelow, ministre des États-Unis, qui fut reçu à Augerville en 1863, décrit ainsi les habitudes de Berryer à la campagne : « Il portait une jaquette de velours à un seul rang de boutons et un pantalon gris dessinant élégamment ses jambes et tombant sur de légers escarpins. La tête était couverte d'un chapeau gris à larges bords dont les extrémités étaient retroussées et qui inclinait gracieusement d'un côté. Dans ses matinées consacrées au travail, il était secondé par quelques amis ou secrétaires. A ce moment, on pouvait le voir en robe de chambre rouge avec un petit bonnet noir sur la tête, sa tabatière à portée de la main, et toutes choses alentour démontrant la nature absorbante Je son travail^. Quand cette période de gestation, qui durait quelquefois plusieurs jours, était terminée, son visage redevenait serein et joyeux. Son discours était fait, quoique pas une ligne n'en fût écrite et ne dût être écrite K » Ajoutons qu'en se livrant au travail Berryer absorbait de nombreuses tasses de camomille, au grand étonnement de son ami Alfred de Musset, qui ne comprenait pas, et pour cause, l'influence inspiratrice de cette fastidieuse tisane.

Berryer ne restait jamais inactif; s'il n'avait pas l'esprit obsédé par quelque affaire pressante, il se plongeait avec dé-

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