‹ BerryerChapitre 168 sur 211 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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premier coup d'œîl aux beautés agrestes d'Augerville ; mais, excepté moi, aucun des hôtes de M. Beriyer ne partageait son goût pour la campagne, et l'on préféra employer l'aprèsmidi à visiter le château de Malesherbes. Son propriétaire, le comte de Chateaubriand, avait été élevé à Juilly avec M. Berryer et il était demeuré, comme M. de Granville, son ami fidèle de tous les temps. Neveu du vicomte de Chateaubriand, héritier de Malesherbes, il se maintenait par la vertu à la hauteur de ces deux grands noms. Cette belle résidence était triste et dépouillée comme l'avait faite la Terreur ; paysage et habitation, tout s'accordait dans une mélancolique harmonie. M. de Chateaubriand vivait beaucoup dans ce château sans' songer à le restaurer. Sa fortune lui aurait permis le luxe, son inépuisable charité le lui interdisait. Peut-être aussi pensait-il que des murailles auxquelles sont suspendus de tels portraits de famille n'ont pas besoin d'autres splendeurs ^ »

A cette visite assistaient MM. Thiers, de Salvandy et Mgr Dupanloup. Presque tous les ans l'illustre évêque venait à Augerville et ces jours-là le château était en fête. Au reste, au milieu de ces légitimes distractions, Dieu avait sa part. Profondément religieux, Berryer entendait chaque matin la messe célébrée dans sa chapelle pour les défunts de sa famille. L'abbé Mousseu, curé du village, était un des hôtes assidus du château. Berryer le faisait asseoir à la place d'honneur et l'entourait de respect et d'affection. Après le dîner il jouait au loto pour distraire l'abbé. On a prétendu que Berryer s*emportait lacilement au jeu : avec le curé, au contraire, il s'ingéniait à faire des fautes. D'abord, ce que Berryer perdait, les pauvres le gagnaient toujours ; et puis la joie franche

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