I. De Falloux, Mémoires, II, p
et enfantine de l'abbé le charmait lui-même. Mais cela ne faisait pas le compte de maître Richomme : « Je ne suis pas fait pour amuser 'des curés, grommelait-il. — Richomme, répondait M"® Berryer, vous parlez comme un Jacobin. — J'ignore, Madame, ripostait-il, comment les Jacobins se comportaient au loto, moi je joue pour tout de bon ou je ne joue pas. » — Aussi le bon curé disait naïvement : « C'est donc vrai qu'au jeu ily a des personnes qui portent malheur: quand M. Richomme appelle, jamais je ne gagne ^ »
Berryer fut jusqu'à la fin la providence de sa paroisse. Non content d'installer le curé dans une maison confortable, il donna le terrain nécessaire pour agrandir l'église et dépensa plus de 50,000 fr. à sa reconstruction et à son entretien. Il secondait activement le zèle et la charité inépuisable de l'abbé Mousseu. Chaque dimanche, il voulait entendre la messe au milieu des paysans. Ses hôtes ne manquaient pas de l'accompagner. Ils n'apportaient pas seulement l'édification de leur présence. Souvent, dans la semaine, une messe en musique avait été préparée au château. Et pendant l'office, les chants sacrés s'élevaient tout à coup, remplissant d'harmonie la petite église, comblant de surprise et de joie le bon curé et rendant hommage à Dieu.