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De Falloux, Mémoires, II, p

mendement et d'interpellation, ni même la publicité de ses séances. Mais au fond ses idées n'avaient pas ciiangé depuis 1830. — Il ne s'agit point seulement du gouvernement, pensait-il, il s'agit de la France. Placés au cœur du pays, nous ne pouvons nous désintéresser de ses destinées et de ses périls. Quant au serment, pourquoi revenir sur cette question? N'a-t-elle pas été tranchée depuis longtemps par les légitimistes intelligents, par MM. de Brézé, de Fitz-James, de Larcy, de Genoude et autres, qui ont rendu les plus grands services à la cause royale ?

Sur tous ces points Berryer pensait comme M. de Falloux, qui ne cessait, au risque de déplaire au prince, de lui faire entendre la vérité.

Nous ne consoliderons pas davantage le gouvernement actuel, disait-il, en ne l'aidant que dans les œuvres nationales, inviolables et sacrées sous tous les régimes. Une grande bataille sociale est engagée. Quiconque lui manque aujourd'hui systématiquement, en vertu d'un mot d'ordre, apparaît aux yeux du pays comme un déserteur. Ses affections et ses récompenses seront aux meilleurs combattants....

Vous ne vous préoccupez que d'affaiblir celui qui règne, et moi, je ne me préoccupe que de refaire une nation sur laquelle on puisse régner. Vous n'envisagez, en ce moment, que l'avènement d'une nouvelle dynastie usurpatrice, et je ne me préoccupe, moi, que de la reconstitution des hiérarchies, des classes, des vertus qui doivent survivre à la dynastie qui vous effraie. Vous croyez sauver la moralité de l'aristocratie française en la préservant du contact journalier des révolutions, et je crois, moi, que ce n'est que par ce contact qu'elle eut devenir apte à les comprendre, capable et digne de les dominer.... Regardez où vont les jeunes gens qui prennent prétexte de royalisme pour se vouer à l'oisiveté, et dites-moi qui en profite, de saint Vincent de Paul ou de l'hippodrome, des coulisses et du lansquenet.... Encore quelques années de cette situation d'inertie, de nullité, d'ignorance, où vous ambitionnez de la réduire, et l'aristocratie ne sera plus ni politique ni chevaleresque ; elle ne sera plus rien, n'appuiera plus rien, ne servira plus rien et ne ramènera rien 1 1

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