CoiTcsp. de Lamennais
Vainement Berryer essaie de modérer ces emportements. Toui ce qui est modéré fait horreur à cet esprit absolu. Par les réponses de Lamennais on voit que Berryer voudrait ramener l'espérance dans le cœur de son ami. « Je suis absolument seul> avoue celui-ci, et Timagination s'échauffe quelquefois un peu tropi dans la solitude. » — Et ailleurs :
11 est bien vrai,, mon cher ami,, qu'on n'eut jamais plus besoin de se consoler mutuellement, et je remercie Dieu qui me prête l'appui •1« votre affection si douce à mon cœur à demi brisé. Ce que je vois, ce que je prévois, ttout me consterne.... Yous espérez encore, ditesvous ; c'est un bonheur que je n'ai pas, mais je conviens que.... nul motif ne peut dispenser du combat.... Que faire? A qui s'unir? A qui s'adresser ? Y a-t-il encore des cœurs qui battent, des hommes qui ne soient pas morts à Famour du bien et de la vérité ? Toyez, cherchez; pour moi je suis prêt. S'il y a encore des âmes élevées, qu'elles se rapprochent, qu'elles s'entendent,, qu'elles se liguent pour sauver au moins l'honneur i.... Si notre drapeau ne flotte pas au sommet de la société' régénérée, rT fltottera sur les déliris du mondte s.
Quelq^uefois il a des accents pleins de suavité ; son âme a soif d'affection, elle l'implore, elle la mendie :
Jouissez de la campagne, mon cher ami, pendant les beaux jpurs qui nous restent, et en vous promenant sous vos ombrages, songez qu'on pense à vous et qu^on vous aime sous d'auDres ombrages lointains, hélas ! Comment ne vous aimerait-on pas ? Tous êtes si bon, cher. Mon pauvre cœur se repose dans te vôtre, et là il sent que tout n'est pas tristesse et douleur sur la terre. Aimez-moi aussi, cher, et dites-le-moi. Cette douce parole va bien avant; elle ranime mon âme, qui plie quelquefois sous le poids d^ tout ce qui la presse a.
C'était assurément une étrange prétention du gouvernement de vouloir faire de la déclaration de 1682 une loi d'État et d'eni imposer l'enseignement dans les. séminaires. On sait que cette décIaratixDn célèbre proclamait l'indépendance tem-