‹ BerryerChapitre 40 sur 211 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Berryer ne s'émut point de ces attaques.

Messieurs, dit-il aux électeurs, ce serait vous faire outrage que de songer à rafifermir vos cœurs ou à vous venger des menaces et des injures proférées contre votre indépendance. De plus hautes pensées vous occupent.... Sincèrement attachés au gouvernement étabU par la Charte constitutionnelle, vous voulez la garder et la défendre, car c'est la loi que le Souverain légitime nous a faite. Nous avons en effet ce rare privilège en France que, pour nous, être libres, c'est obéir à nos rois....

Vous aimez le roi parce qu'il maintiendra fermement sa puissance pour conserver la force de maintenir nos droits, parce que les fils de saint Louis sont les meilleurs justiciers qui aient jeûnais régné sur la France....

Vous aimez le roi qui aime notre liberté; qui, dans sa haute majesté, ne se croit honoré que par des hommages indépendants et sait que la grandeur de sa couron?ie se ■)nesure par la dignité de ceux qui lui obéissent.

Berryer fut élu par 59 voix contre 26. « Voilà M. Berryer nommé, écrivait M. Thiers dans le National. Maintenant, ce point obtenu, il reste encore à en obtenir un, c'est que M. Berryer soit éloquent. Quelques plaidoyers fort riches en invectives ne sont pas encore une garantie d'éloquence politique. En vérité, si l'on ne devait avoir qu'un génie oratoire à la façon de M. de Courvoisier, ce qui est déjà beaucoup accorder à M. Berr3'er, il ne vaudrait pas la peine d'avoir tant travaillé cette élection i. »

M. Thiers sut bientôt à quoi s'en tenir sur l'éloquence politique de Berryer. Et quand, pour la première fois, il monta lui-miême à la tribune, le 23 novembre 1833, ayant désenchanté tout le monde avec sa petite taille, sa voix de fausset et ses gestes forcés, Berryer seul pressentit le grand orateur, vint lui serrer la main et l'encourager.

Le 2 mars, le nouveau député assista avec les membres des deux Chambres, dans la grande salle des États du Louvre, à

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