Gormenin, Les orateurs, II, p
plus dignes de confiance qu'ils manifestent plus librement leurs sentiments, qu'ils ne cachent rien. Cessez donc de les signaler par des mots odieux i I
Un jour, je ne sais quel ministre, irrité de cette hardiesse de parole, s'avise de dire que les royalistes devraient se souvenir qu'ils sont des vaincus. A ce mot, Berryer bondit à la tribune, et la tête fièrement rejetée en arrière :
On ose ici parler de vaincus ! s'écrie-t-il. Sont-ce là les promesses qu'on nous a faites? Est-ce que les vérités qui ont été jurées ne seraient que des déceptions? Tous ne sommes-nous pas en France appelés à jouir de la même liberté d'opinion et de discussion ? Ne devons-nous pas tous marcher avec une égale fierté au milieu de nos %illes ? A quelle classe destine-t-on cette existence de vaincus ? Elle serait intolérable, et je sens dans mes veines une âme française, qui ne se résignera jamais à une vie si humiliante 1 (Marques générales d'adhésion ».)
D'ailleurs, Berryer déclare que son opposition n'est point systématique, elle est loyale : « Je n'accepte point cette qualification odieuse d'ennemis, nous sommes des dissidents, partagés d'opinion, mais sans doute n'ayant tous qu'un but, l'intérêt du pays 3! » H s'indigne encore qu'on le traite de conspirateur, lui qui déplore les troubles civils et fait tous ses efforts pour éloigner les royalistes des agitations stériles et dangereuses.
« Non, nous ne sommes pas les fauteurs de trouble; non, nous ne provoquons pas ce qui se passe sous nos yeux. Autant que tout autre, nous sommes profondément affligés des maux de notre pays et nous appelons de tous nos vœux un remode efficace à ces maux '*■. »
Qu'on ne lui dise point que le salut peut sortir de l'excès