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du mal; la théorie de l'abîme lui fait horreur : « Ce n'est pas nous qui jamais, dans la sincérité de notre foi politique, avons rêvé des malheurs pour réaliser je ne sais quelles espérances chim.ériques d'un avenir peut-être meilleur. Ce n'est pas nous qui considérerons jamais ainsi les choses de la France! »
La France! c'est elle en effet qui, dès le premier jour et jusqu'à la fin, remplit le cœur de Berryer et lui inspire ses cris les plus éloquents. « Messieurs, dit-il dès le 7 août 1830, avouez que nous sommes dévorés par l'amour de notre pays, puisque, ayant le cœur brisé de douleur, nous nous mêlons avec constance à des délibérations qui nous absorbent K »
Et quelques mois plus tard : «r Au milieu des calamités publiques, je détesterais quiconque pourrait obéir à quelque intérêt privé, à quelque passion particulière, quiconque se laisserait guider par une autre pensée que celle du besoin général et de l'avenir du pays 2. »
Il convenait de dégager la noble attitude de Berryer et ses sentiments généreux, avant de le montrer en lutte ouverte contre le gouvernement. Cette lutte, nous l'avons dit, a été offensive et défensive. L'arme dont Berryer se servit surtout fut celle avec laquelle ses adversaires eux-mêmes venaient de vaincre, je veux dire la liberté. On lui a beaucoup reproché d'en avoir abusé, de s'être montré plus libéral que la liberté même, cherchant à pousser le nouveau régime, en vertu de son principe révolutionnaire, de concession en concession jusqu'à la ruine. Ce reproche n'est point fondé. Si Berryer réclamait la liberté, c'est qu'il l'aimait avec passion pour lui comme pour les autres. N'était-ce pas l'amour de la