Œuvres parlementaires. I. p
liberté qui l'avait dégoûté de l'Empire? Ne la réclamait-il pas sous toutes ses formes pendant la Restauration ? Le seul reproche qu'il adressât alors à ses princes, c'était de se défier trop de la liberté. « Cependant, ajoutait-il, ce sont eux qui ont remis en honneur et en pratique dans notre pays les principes de liberté de 1789. » Berryer fut donc conséquent avec luimême en transportant la lutte sur ce terrain. Aussi le vit-on, pendant la session de 1830, prendre l'initiative de toutes les mesures libérales. Le 4 octobre, il réclame énergiquement l'application du jury aux délits de presse et aux délits politiques, — puis la diminution du droit de timbre (8 novembre).
Le 2 février 1831, à propos d'un projet de loi sur l'organisation municipale, il s'élève avec force contre la centralisation et demande pour les départements et les communes le droit de s'administrer eux-mêmes. « Elles n'existent plus, dit-il, les grandes libertés de nos provinces ; depuis quarante années nous avons vu tomber l'œuvre de tant de siècles. Mais les provinces tourmentées aujourd'hui par le souvenir d'institutions qu'elles chérissaient et qu'elles ont perdues, se demandent jusques à quand elles seront abandonnées à des commissaires du despotisme de Paris '. »
Quelques jours plus tard, le 27 février, on discute la loi électorale, et l'on propose d'abaisser le cens de 240 à 200 francs. « J'éprouve, dit Berryer, le même embarras à me décider entre la proposition de 200 et celle de 240 francs.... La fixité du cens est une injustice monstrueuse. Je n'ai jamais compris l'énorme intervalle politique qui pouvait exister entre l'homme qui paie 200 francs et celui qui ne paie que 199 fr. 95 *. » Il est donc d'avis qu'on supprime