Œuvres parlementaires, I, p
(lire la vérité, ne faudrait-il pas rassemljler la xie d'un grand nombre de tjTans pour accumuler autant de folies, de violences et de crimes, que le peuple souverain en a amoncelé en peu d'années ? (Agitation.) Je ne parle pas du peuple rugissant dans les rues et sur les places publiques, mais du peuple résumé, extrait, comme on l'a dit, dans son corps représentatif. {Nouvelles rumeurs.)
Voilà ce que nous avons vu, ce dont on nous a dit que nous sommes menacés ; et le ministère lui-même, qui fait la guerre à cette puissance dont il effraie les esprits, propose de désarmer la société ! L'inconséquence m'a frappé. J'ai dû la signaler i.
Berryer ne surveille pas moins le gouvernement au point de vue financier. A chaque session, les ministres viennent solliciter des crédits extraordinaires. Avec une compétence merveilleuse, avec une mémoire aussi vaste que fidèle, Berryer les suit dans leurs comptes, les discute, les redresse, et signale les dépenses excessives. Le 10 mars 1831, M. Laffitte, ministre des finances et président du conseil, propose, pour subvenir à des dépenses extraordinaires, d'émettre 200 millions d'obligations du trésor, dont le paiement sera assuré par la vente de 300,000 hectares de forets de l'État. Or, cette demande est faite quelques jours après les troubles de Saint-Germain l'Auxerrois, qui ont révélé la faiblesse profonde du cabinet. Berryer a donc beau jeu pour dresser contre les ministres un écrasant réquisitoire. ,
a L'orateur, ditArm. Marrast, se révèle tout entier avec son regard hautain, son geste dominateur, cet organe incomparable, dont les cordes métalliques agitent ses fibres nerveuses, avec cette parole qui brûle ses lèvres et se répand comme la llamme sur toute une assemblée haletante et enchaînée d'admiration par ce fluide irrésistible de la passion oratoire. »
« Calculons, s'écrie-t-il, la masse effrayante de crédits qui jusqu'à ce jour ont été accordés au ministère ou sont deman-