Œuvres, II, p
Berryer et ses amis s'entendirent avec la gauche. L orateur prit soin d'ailleurs d'expliquer cette marche parallèle :
Que je me rencontre sur quelques points d'accord avec les hommes dont je ne partage pas les opinions, puisque je repousse le principe qui est la base de tous leurs dogmes politiques, cela ne tient pas à une alliance, à une alliance monstrueuse, impossible, alliance qui serait criminelle si elle était concertée, car il ne pourrait pas y avoir de bonne foi entre nous. {Sensation.) Non, il n'y a point alliance, mais il y a lutte collective i. {Exclamations diverses.)
Lorsque l'insurrection républicaine de Lyon, en 1834, eut été réprimée, Berryer, tout en flétrissant la révolte, appuya en faveur des insurgés la proposition d'amnistie. En entendant ses objurgations véhémentes, les ministres frémissaient de colère sur leurs bancs.
Je conçois quand on est au pouvoir.... qu'il arrive un jour où l'on dit à la face de la France, dans cette Assemblée, en présence d'hommes qui ont siégé à vos côtés, d'hommes qui vous ont entendu longtemps : « Eh! que nous parlez-vous de ces doctrines, de ces vieilleries révolutionnaires de 1791 ? Resterez -vous dans ces langes misérables ? » Dédaigneux et superbe dans les voies du pouvoir, on marche au-dessus de ces rêveries politiques, au-dessus de ces constitutions anciennes. Mais ces constitutions, ne les a-t-on jamais prônées? N'a-t-on jamais invoqué les principes qu'elles renfermaient ? N'a-t-on pas rendu de grands hommages, comme à des bienfaiteurs de l'humanité, à des hommes qui les ont proclamées ? N'a-t-on jamais dit que la raison d'État, que l'intérêt, l'avenir du pays dépendait du développement de ces magnifiques maximes ? Et de quels honneurs n'a-t-on pas environné l'homme qui a dit que l'insurrection quelquefois était le plus saint des devoirs?.... Que répondre à l'accusé quand il dira : « Je me suis animé de ces doctrines dont vous m'avez imbu. Et je vois au milieu de vous un homme qui demandait encore, en 1830, que la base fondamentale de toutes nos actions, le motif de toute révolution, le principe de la souveraineté du peuple et de la constitution de 1791 fussent inscrits en tête de la Charte. Eh bien, ce principe m'a aveuglé sans doute puisque, aux termes de la loi, j'ai commis un acte politique qui me rend criminel. J'oppose au grand justicier qui m'accuse