CHAPITRE XII
La noble parole des seigneurs polonais à Catherine II : « Nous qui aimons la liberté plus que tout au monde et la religion catholique plus que la liberté, » Berryer pouvait se l'appliquer à lui-même. Catholique convaincu, il plaça toujours la liberté religieuse au-dessus de toutes les autres.
Si la société civile a ses droits et ses libertés, s'écriait-il en 1833, la société religieuse a aussi ses droits et ses libertés. Ceux qui craignent sans cesse les envahissements du pouvoir spirituel rappellent souvent les paroles du divin fondateur de notre religion : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Il est bien temps aussi que les ministres de la religion catholique invoquent les mêmes paroles du fondateur du christianisme, et qu'en vertu de ces mots, ils apprennent aux hommes du monde, au pouvoir, aux législateurs humains qu'ils n'ont ni droit ni autorité pour contraindre en quoi que ce soit et régler la discipline de l'Église catholique*.
Toutefois, dans ses affections, Berryer ne séparait pas l'Église et la vieille royauté française, le trône et Tautel. Non point qu'il voulût inféoder l'une à l'autre, non point qu'il crût que l'Église ne pouvait se passer de la royauté ; mais il estimait que la mona'rchie traditionnelle répondait davan-