‹ BerryerChapitre 92 sur 211 · Discours sur Vaillance anglaise^ II, p · texte numérisé non relu

Discours sur Vaillance anglaise^ II, p

l'upinion publique, répondit par un ultimatum aux puissances coalisées, et proposa de porter l'armée à 550,000 hommes, c Je ne puis songer à ces jours terribles sans être profondément ému, a-t-il dit plus tard. Je savais bien que j'allais peut-être faire couler le sang de dix générations, mais je me disais : « Si la France recule, l'Europe le sait; les Chambres, le gouvernement, tout le monde s'est engagé ; si elle recule, elle descend du premier rang. » Cependant Louis- Philippe, effrayé, remplaça M. Thiers par M. Guizot. C'était assurer la paix, mais à quel prix ?

Lorsque le nouveau cabiaet se présenta devant les Chambres, à la fin de novembre 1840, un grand débat s'engagea sur la politique étrangère. Berryer y prit une part importante. Déjà, le 2 juillet 1839 et le 25 mars 1840, il était intervenu dans la question d'Orient. Il avait montré l'intérêt de la France dans la Méditerranée :

« Cette mer nous appartient, la France y est assise, elle y doit jouer un grand rôle, elle doit la disputer à tous, et elle ne peut souffrir d'être incertaine un moment sur la politique de son gouvernement en ce qui touche de si grands intérêts ^ »

Puis dans un langage admirable, signalant les rivalités des Russes et des Anglais en Orient, il réclamait des ministres une ferme attitude :

.... Voyez ce magnifique parallélisme politique et guerrier qui s'étend depuis les frontières de la Tartarie jusqu'aux rives de la Méditerranée, entre deux nations qui doivent lutter un jour l'une contre l'autre.

Du fond du monde jusqu'à nos rivages, l'Angleterre établit sa parallèle guerroyante contre la Russie, qui la menace sur les limites de ses magnifiques colonies de l'Inde.

Considérez ces grandes expéditions à cinq cents lieues de leurs fron-

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