Discours tur l'alliance anglaise, II
tières; d'iui côté l'expédition de Caboul, de l'autre la tentative de Khiva. Voyez ces deux grandes nations marchant à travers le monde pour établir leur ligne de précaution l'une contre l'autre.
Oui, l'Angleterre veut la mer Rouge, elle veut la sécurité du passage; et si cela arrive au profit de la puissance qui a Gibraltar, qui a Malte, qui a Corfou, que devient pour nous la Méditerranée? Sommesnous dépossédés, oui ou non? N'en doutez pas, Messieurs, la question d'Egypte est une question de vie ou de mort comme une question d'honneur et de dignité pour la France.
.... Il est donc nécessaire que vous soyez dans cette situation forte, énergique, appelant les esprits à la confiance, les volontés à la résolution pour déterminer le pays, s'il n'a pas d'alliés, à se retirer, suivant votre belle expression, dans sa force, et à ne douter de rien dans le monde parce que cela est permis à la France*.
Mais la trahison de l'Angleterre et l'humiliation de la France dans les derniers événements lui inspirèrent, le l*"" décembre 1840, d'incomparables accents :
N'en parlons plus, s'écriait-il,.... et surtout qu'elles ne soient jamais répétées, les humiliantes paroles qu'on a fait venir ici, et de Constantinople et de Londres, ces mots de lord Ponsonby et de lord Palmerston : « Il viendra une résolution anglaise, et la France accédera.... Après beaucoup d'humeur et de déplaisir, la France cédera, et l'affaire d'Orient aura été réglée comme l'Angleterre l'aura voulu! » Eh quoi! Messieurs, il y a un pays au monde où les ambassadeurs entendent de telles paroles, où ils les écrivent et restent à leur poste, et de- Niennent ministres pour assister au jour où les choses s'accompliront ainsi qu'elles ont été dites! {Longs applaudissements dans la Chambre et dans les tribunes.)
Non, Messieurs, non ! Ce n'est pas de la France qu'on a dit cela. Non, quoique vous ayez fait, on n'a pas dit cela de la France, et ceux qui au jour de nos plus grands désastres, ceux qui à Waterloo même ont vu comment tombaient nos guerriers, n'ont pas dit cela de la France, ce n'est pas de la France.... Ce n'est pas d'elle qu'on a parlés.... [Bravos et applaudissements redoublés. — Longue interruption.)
L'adresse que l'on discutait alors contenait ces paroles :