‹ BerryerChapitre 98 sur 211 · OEuvres parlent., III, p · texte numérisé non relu

OEuvres parlent., III, p

fiques stations entre les deux hémisphères ; gardons Bourbon à rentrée de la mer des Indes ; gardons encore, s'il est possible, au fond du golfe des Indes, ce petit terrain qui serait pour nous un refuge en cas de nécessité dans ces plages lointaines ; ayons un port à Alger, formons des marins, sachons garder une position ferme sur l'Océan et sur la Méditerranée. Point d'exagération ; je ne demande pas que la France, avec une population maritime de 120,000 hommes fasse ce que fait un peuple voisin qui a 86,000 matelots pour sa navigation au long cours, 80,000 pour son cabotage, 35,000 pour les pêcheries, 35,000 sur la flotte.

Non, je n'ai pas cette folie ; mais je vous demande de faire ce qu'exigent la dignité et l'honneur de la France {Très bien/), d'employer toutes vos ressources pour lutter avec l'Angleterre*....

Ce fut dans ce sentiment que Berryer prit énergiquement, en 1844, la défense de l'amiral du Petit-Tiiouars. Le gouvernement blâmait cet officier supérieur d'avoir, à Taïti, déjoué par son énergie les intrigues de l'Angleterre et fait arrêter le ministre Pritchard :

Évidemment l'amiral duPetit-Thouars a fait tout ce qu'il devait faire. n a soutenu les droits et la dignité de la France. Il a agi conformément à ses instructions : on lui avait dit que le gouvernement et la nation française avaient les yeux attachés sur cette expédition, et quand il voyait de tels pièges tendus par les Anglais, quand il voyait de telles intelligences avec eux, quand il voyait les signes d'intelligences maintenus malgré ses injonctions, il n'avait pas autre chose à faire que ce qu'il a fait; il n'avait pas à hésiter. Il fallait que les rivaux jaloux vissent une action prompte de la part de la France et renonçassent à leurs tentatives, à leurs manœuvres obscures contre nos établissements»....

Mais l'Algérie fut, sous la monarchie de Juillet, la plus grande affaire de France et attira surtout l'attention de Berryer. Loin de partager l'opinion de MM. Passy, Dupin et autres, qui ne cessaient de réclamer l'évacuation d'Alger, Berryer, plein de foi dans l'avenir, pensait, avec M. Jouffroy,

i. Œuvres parlem., III, p 282, 283.

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