Cormenin, les Orateurs, p
que d'une âme loyalement inspirée, loyalement convaincue. Seules elles sollicitent puissamment la raison et la conscience du juge K »
Berryer s'est peint lui-même dans ces lignes. Chez lui la noblesse des sentiments et la grandeur du caractère dépassent encore le talent. Homme de conviction profonde, il ne met jamais sa parole qu'au service de ce qu'il croit être le droit et la vérité. S'il est légitimiste, nous l'avons déjà dit, c'est qu'il voit dans le principe traditionnel le salut de la France, le seul moyen de sortir de la révolution et de l'anarchie. Il est faux de dire qu'il cache ses opinions royalistes à la tribune ; au contraire, il ne laisse passer aucune occasion de les affirmer. Mais qu'il s'agisse de la liberté ou de la France, alors, dit très bien Cormenin, « il oubliera qu'il est légitimiste pour ne se souvenir que de ce qu'il est Français ; alors il se fera national; il s'appuiera, comme Antée, pour renouveler ses forces, sur le sol généreux de la patrie ; il s'absorbera dans la splendeur de la France et il en sortira la tête couronnée de superbes rayons. Il se promènera avec l'assemblée autour de notre carte géographique ; il posera sur nos frontières, comme autant de géants vivants et armés, l'Italie, la Suisse, l'Espagne, la Prusse, la Belgique ; il nous représentera environnés d'une ceinture de fer, d'ennemis et de ruines, et dans son patriotique enthousiasme il s'écriera : « Je remercie la Convention d'avoir sauvé l'indépendance de la France ! »
« Une autre fois, indigné, révolté des jâches concessions de notre diplomatie, et la main étendue au-dessus de la tribune avec un geste d'une beauté singulière : « Cette main, s'écriera-t-il, se séchera avant de jeter dans l'urne une boule