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vous déclarerez compétents, comme tout le barreau vous dit, comme toutes les lois vous disent que vous êtes compétents, comme la société vous le dit.... comme votre vie entière vous le demande.
Vous avez comme nous traversé bien des révolutions. Vous pouvez subir toutes les conditions que les pouvoirs divers vous imposent pour demeurer dans le sacerdoce judiciaire ; mais vous y demeurerez avec le sentiment de votre dignité. Les pouvoirs passent, ils imposent leurs conditions passagères ; on vous respecte à ti-avers tous ces gouvernements qui se succèdent, sous lesquels vous restez sur vos sièges, rendant la justice et la rendant avec dignité. Mais, si vous sortiez de ce rôle élevé, si vous l'abandonniez un moment, ce sentiment de respect poui' votre vie, ce sentiment supérieur à toutes les mutations et à toutes les transfigurations politiques ferait place à un sentiment tout à fait contraire. Vous en êtes incapables, Messieurs, et vous vous maintiendrez compétents.
a Ces dernières paroles, ajoute le compte rendu, prononcées avec une grande chaleur et une animation toute sympathique, produisent dans l'auditoire et sur les bancs du barreau une émotion inexprimable, que suffisent à peine à contenir la présence du tribunal et le souvenir des recommandations de M. le président K » Berryer l'emporta; les juges, gagnés par cette patriotique éloquence, repoussèrent noblement la complicité de la confiscation. Elle n'en fut pas moins accomplie, quelque temps après, au mépris de toute justice.
L'année suivante, le 31 janvier 1853, Berryer eut à défendre le marquis de Vogué devant le tribunal correctionnel de Cosne. L'accusé, ancien représentant du Cher aux Assemblées constituante et législative, était un des meilleurs amis de rorat-ar. Quelques semaines avant le plébiscite qui rétablit l'Empire, M. de Vogué avait fait répandre dans son arron-