NeUemcnt, Histoire de la LiUéralure, III
réprobation s'incrustait peu à peu sur ce large front qu'illuminaient autrefois les clartés célestes de l'apologétique chrétienne ». » « Celui que Dieu a touché est toujours un être à part, dit très bien M. Renan; il est, quoi qu'il fasse, déplacé parmi les hommes ; on le reconnaît à un signe -. » Lamennais voulait savoir ce que pensait Berryer.
w Eh bien, lui demanda-t-il, vous m'en voulez, vous êtes irrité contre moi'i*
— Oui.
— Je vous ai étonné, n'est-ce pas?
— Non, vous ne m'avez pas étonné.
— Gomment! N'ai-je pas renié mon passé? Ne trouvezvous pas que j'ai été bien inconséquent?
— Non; tout au contraire, vous avez été trop conséquent î » Et après lui avoir rappelé cette scène de la Chesnaye que
nous avons racontée: « Vous m'avez effrayé, conlinua-t-il, dès la publication de votre premier volume sur Vlndifférence. Vous n'avez, jamais été royaliste. Vous détestiez l'Empire, oui, parce qu'il vous opprimait, mais vous n'avez applaudi au retour de la monarchie que parce que vous espériez qu'elle donnerait la domination au prêtre. Elle n'a pas adopté vos idées. Vous vous êtes tourné vers le pape, vous lui avez dit : « Mettez le pied sur la tête de tous ces rois. * Vous avez été à Rome. On n'a pas accueilli vos conseils; et maintenant vous cherchez à gagner les peuples. Vous leur demandez à leur tour de mettre le pied sur la tête du pape et de tous ces rois qui ne vous ont pas suivi. Tout cela est conséquent. Non, vous n'avez pas changé ^. » Ils discutèrent longtemps sans parvenir à s'entendre,