‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 51 sur 230 · De Fallou.K, Mémoires d'un royaliste, II, p · texte numérisé non relu

De Fallou.K, Mémoires d'un royaliste, II, p

son cœur, il éleva vers Dieu une éloquente prière pour celte France dont le péril le toucliait, comme l'eût touché l'agonie d'une mère K »

Si encore le gouvernement eût déployé quelque énergie et soutenu par la force ses mesures extralégales, personne n'aurait songé à prendre les armes. A cette idée seule les plus hardis s'effrayaient. « Vous seriez vaincus, traînés à l'échafaud, disait Odilon Barrot, et le peuple vous regarderait passer. )^ Mais dans sa confiance étrange et mystique, Polignac ne prit aucune disposition et attendit l'action des puissances célestes. « Ce muet, disait Chateaubriand, était éminemment propre à étrangler un empire. » Peu à peu les factieux s'enhardirent, non point les chefs, mais quelques «arbonari obscurs, quelques jeunes gens à tête chaude. On les laissa faire. Une première barricade s'éleva timidement, puis des centaines, et Paris en fut comme hérissé. Quand on mit l'armée en mouvement il était trop tard. Mal commandée, mal nourrie, elle fraternisa bientôt avec le peuple. Cependant, le roi retiré à Saint-Cloud, alors que les coups de canon faisaient vibrer les fenêtres de son palais, jouait tranquillement aux échecs.

« Que pensait le duc d'Orléans, que pensiez-vous vous-même en faisant la Révolution ^de juillet? demandait plus tard Berryer à M. Thiers. — Ni M. le duc d'Orléans, répondit Thiers, ni Laffitte, ni aucun de nous ne savait clairement jusqu'où il serait conduit.... Le duc d'Orléans n'avait que deux pensées arrêtées : Ne pas renverser le roi, ne pas le suivre dans un nouvel exil. Quand, après les trois journées, on voulut lui mettre la couronne sur la tête, il fallut l'arracher de sa retraite comme s'il s'était asri de le conduire au

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