Mémoires d'outrc-tomdc, \\\. p
costume d'un paysan vendéen, loua une voiture et se disposa à rejoindre la duchesse de Berry. Vraiment Madame était bien gardée; la Vendée veillait sur elle avec amour, et sa police habile et prévoyante pouvait défier celle de M. Thiers K
« Quel chemin dois-je prendre ? » demanda Berryer à l'homme de confiance qui l'accompagnait jusqu'à la voiture. — ce Voyez au bout de la rue cet homme monté sur un cheval gris ; suivez-le à distance et soyez sans inquiétude. » — On partit, on marcha longtemps, on traversa plusieurs hameaux, la nuit vint sans que le guide mystérieux daignât seulement tourner la tète. Berryer commençait à s'inquiéter lorsque le paysan s'arrêta devant une auberge isolée, attacha son cheval et partit à pied. Berr3'er fit de même. Ils arrivèrent devant une chaumière : « Voici un monsieur qu'il faut conduire, » dit le guide, puis il disparut. La maîtresse de la maison salua Berryer, lui offrit un siège et continua son travail. Au bout de trois quarts d'heure d'attente, le mari entra : « Voilà un monsieur qu'il faut conduire, » répéta laconiquement la femme. Le Vendéen toisa l'étranger : « Si monsieur veut me montrer ses papiers, dit-il, je verrai bien s'il peut continuer son voyage. » Dès qu'il eut entrevu le nom de Berryer, le paysan s'inclina et le conduisit à une demi-lieue de là, au château de la Grange. Le marquis de Goulaine, propriétaire de ce château, un des chefs de l'insurrection projetée, était absent. A son défaut, M. Benjamin de Goyon reçut Berryer, fit seller des chevaux et tous les deux se mirent en route à travers les bois par une nuit noire. A cent pas de distance, deux cavaliers, l'un en avant, l'autre en arrière, observaient la voie.
Tout à coup un cri strident, pareil à celui de l'orfraie, fit
1. V. Dermonoourt, La Vendée cl Madame. La plupart des détails qui suivent sont empruntés à cette brochure.
tressaillir Berryer sur sa monture. « Ne craignez rien, lui dit M. de Goyon, c'est notre éclaireur qui demande si la route est libre ; écoutez la réponse. » Et presque aussitôt le même cri sillonna l'espace comme un écho lointain,
« Nous pouvons avancer, continua le gentilhomme. Chaque nuit des patrouilles de soldats parcourent les chemins du Bocage. Mais à la lucarne des chaumières isolées que nous rencontrons çà et là un homme est aux aguets. S'il remarque des culottes rouges il coupe à travers champs et vient nous prévenir. Tenez, un nouveau cri de notre éclaireur est resté sans réponse : il est évident qu'une patrouille visite les environs. » Et les voyageurs, quittant la route, entrèrent dans un sentier creux et plein d'ombre et attendirent. Au bout de quelques instants ils purent entendre le pas lourd et cadencé des soldats qui passaient. xVprès bien des transes, après avoir traversé des marécages où les chevaux enfonçaient à mi-jambes, Berryer et son compagnon arrivèrent au Meslier, petite maisonnette perdue dans les bois, à une lieue du bourg de Légé. C'est là que résidait alors la régente de France. Quand on eut répondu par le mot d'ordre à une question faite de l'intérieur, une vieille femme ouvrit la porte. Derrière elle se tenait un robuste gars armé d'un de ces longs bâtons ferrés avec lesquels les Vendéens de 93 enlevaient les canons républicains. La salle où entrèrent les visiteurs était basse et éclairée par une chandelle de résine ; a. Nous désirons voir M. Charles, dit le gentilhomme qu> amenait Berryer. — Il dort, répondit la vieille femme — Eh bien, réveillez-le. » Et ils attendirent en se chauf tant. Dix minutes après on fit monter Berryer par un escaliei grossier, dont les planches vermoulues craquaient sous le? pieds. L'escalier aboutissait à une petite mansarde située ai' premier. Madame était étendue sur un lit en bois blanc, en-
veloppée d'un tartan écossais à carreaux verts et rouges, et la tête couverte d'une coiffe vendéenne. Quand Berryer entra, deux personnages, MM. de Gharette et de Mesnard, s'entretenaient avec la princesse. Ils assistèrent à la scène étrange et pathétique que nous allons raconter, mais sans prendre la parole.
D'abord Berryer remit à Madame le contre-ordre qu'il avait obtenu du maréchal de Bourmont. Elle en parut vivement contrariée; — c'est à ce délai qu'elle attribua plus tard la ruine de ses desseins. — Puis l'orateur donna lecture de la note du comité :
Le^i personnes en qui on a reporté une honorable confiance ne peuvent s'empêcher de témoigner leur douleur des conseils en vertu desquels on est arrivé à la crise présente. Ces conseils ont été donnés par des hommes sans doute pleins de zèle, mais qui ne connaissent ni l'état actuel des choses ni la disposition des partis.
On se trompe quand on croit à la possibilité d'un mouvement dans Paris ; on ne trouverait pas douze cents hommes non mêlés d'agents de police qui pour quelques écus feraient du bruit dans la rue, et qui auraient à y combattre la garde nationale et une garnison fidèle.
On se trompe sur la Vendée comme on s'est trompé sur le Midi ; cette terre de dévouement et de sacrifices est désolée par une nombreuse armée, aidée de la population des villes, presque toute antilégitimiste. Une levée de paysans n'aboutirait désormais qu'à faire saccager les campagnes et à consolider le gouvernement actuel par un triomphe facile.
Tout en lisant, Berryer voyait la princesse s'agiter, changer de couleur ; son visage exprimait tour à tour la surprise, la douleur et l'indignation. Il continua néanmoins, pressentant l'orage et prêt à le soutenir.
On pense que si la mère de Henri V était en France, elle devrait se hùter d'en sortir après avoir ordonné à tous les chefs de rester trani[uilles. Ainsi, au lieu d'être venue organiser la guerre civile, elle (U-ait venue demander la paix ; elle aurait eu la double gloire d'accomplir une action de grand courage et d'arrêter l'effusion du sang des Français.
Les sages amis de la légitimité, que l'on n'a jamais prévenus de ce qu'on voulait faire, qui n'ont jamais été consultés sur les partis hasardeux que l'on voulait prendre, et qui n'ont connu les faits que lorsqu'ils étaient accomplis, renvoient la responsabilité de ces faits à ceux qui en ont été les conseillers et les auteurs : ils ne peuvent ni mériter l'honneur ni encoui-ir le hlùme dans les chances de l'une ou l'autre fortune.
Quand il eut fini, Madame prit la lettre, puis, remarquant qu'elle n'était point signée, regarda fixement Berryer. « Je ne suis point l'auteur de cette lettre, dit celui-ci; mais le comité de Paris m'a chargé de la remettre à Votre Altesse Royale. » Alors la princesse, ne se contenant plus, s'écria : « Qui ose l'apporter était bien capable de l'écrire ! » Et comme Berryer ne répondait pas : « Retournez, continuât-elle, vers ceux qui vous ont envoyé; dites-leur que la régente de France ne peut faire droit à une demande qui n'a reçu aucune signature. » Mais Berryer se taisait toujours, attendant pour répondre la fm de l'orage. Bientôt Madame se calma : « Mes amis de Paris, dit-elle, dont j'apprécie le dévouement comme le vôtre, monsieur Berryer, ne connaissent pas l'état des choses : ils n'en sont informés que par ceux qui se sont opposés au mouvement. A mon arrivée ici ils m'ont offert argent et vaisseaux pour m'embarquer. Eh bien ! je leur ai répondu : Oui, comme vous avez fait au duc de Bourbon en 1815. Si au lieu de partir il élait resté dans le pays, quatre jours après il aurait été à la tète de toute la Vendée, qui alors eût fait de grandes choses, les chefs ne pouvani plus être désunis. Il n'en sera pas ainsi de moi : si je sortais d'ici, il faudrait donc quitter la France ! »
Et la noble femme tremblait d'émotion à cette seule pensée. Alors Berryer parla. Il reprit un à un les arguments puissants des adversaires de l'action armée, les développant avec sa chaleur et son éloquence habituelles. Il montra la
France presque entière indifférente ou liostile à une restauration, rimpossiJDilité absolue de vaincre avec quelques milliers de paysans héroïques, mais sans armes et mal exercés, les troupes nombreuses et disciplinées du gouvernement. N'était-ce pas d'ailleurs l'opinion de la plupart des chefs du mouvement ? Ils avaient compté sur le soulèvement du Midi. Le Midi était demeuré calme. Depuis lors toute chance de réussir avait disparu : ils se disaient prêts à mourir, mais sans espérance.
Mais Madame ne cédait point ; elle tenait tête à Berryer ; elle énumérait avec la plus grande précision ses ressources, elle comptait ses soldats, elle calculait ses chances de victoire. Son plan était d'une simplicité et d'une hardiesse inouïes. Pendant que les soldats de Louis-Philippe dormaient tranquilles, dispersés dans les fermes vendéennes, les paysans « faisaient une Saint-Barthélémy » de leurs uniformes et de leurs fusils. Cette armée équipée et concentrée en quelques heures enlevait sans coup férir Nantes, Angers, et, grossie en chemin des garnisons séduites, marchait sur la capitale. Chaque détail était prévu et devait réussir par son audace même. « Si je cédais, ajoutait la princesse, mes ennemis seraient en droit de traiter d'équipée ma périlleuse entreprise.... Notre parti est demeuré sans prestige depuis Rambouillet. Il faut que les épées soient tirées, pour qu'on sache bien que le sang de Henri IV ne s'est pas refroidi dans les veines de ses descendants et que les royalistes sont des hommes de cœur. » Elle terminait en déclarant qu'elle était absolument décidée à en appeler à Dieu de la justice de sa cause.
Alors Berryer revint à la charge ; il trouva de nouveaux motifs, il supplia au nom de la France, qu'une guerre civile allait déchirer sans profit. « D'ailleurs, dit-il, toute guerre étrangère ou civile, en la supposant môme couronnée de
succès, ne peut ni soumettre ni rallier les opinions; » il émut Madame pour les malheureux Vendéens, dont la plupart allaient mourir et dont les autres expieraient par des représailles leur fidélité ; il lui parla de son fils, de sa noble cause compromise par un échec certain, tandis que ses adversaires s'en trouveraient affermis. Pendant quatre heures, le duel se prolongea avec des retours d'un intérêt palpitant. Enfin Berryer sembla l'emporter.
« Eh bien ! oui, Berryer, s'écria la princesse, je vais quitter la France : mais je n'y reviendrai pas, faites-y attention ; car je ne veux pas revenir avec les étrangers. Ils n'attendent qu'un instant, vous le savez bien, et, le moment arrivé, ils viendront me demander mon fils, non pas qu'ils s'inquiètent beaucoup plus de lui qu'ils ne s'occupaient de Louis XVIII en 1813, mais ce sera un moyen pour eux d'avoir un parti à Paris. Eh bien ! alors, ils ne l'auront pas, mon fils, ils ne l'auront pour rien au monde : je l'emporterai plutôt dans les montagnes de la Calabre. Voyez-vous, monsieur Berryer, s'il faut qu'il achète le trône de France par la cession d'une province, d'une ville, d'une forteresse, d'une chaumière comme celle dans laquelle je suis, je vous donne ma parole de régente et de mère qu'il ne sera jamais roi! »
Personne plus que Berryer n'était capable de comprendre ces grands sentiments. Il s'inclina devant la princesse pour prendre congé : « Si Madame se décide à partir, dit-il, je l'attendrai à Nantes jusqu'au 2 juin, et ensuite à la Rochelle jusqu'au 8.» Madame répondit qu'elle rejoindrait Berryer au domaine du Magasin, où elle se ferait conduire, assise à cheval sur des sacs de blé, avec le meunier Sorin pour guide. De là elle gagnerait Nantes et la Bretagne, où elle s'embarquerait. Puis détachant de son cou un médaillon d'agate contenant des cheveux du duc de Berry, elle l'olïrit au grand
orateur en souvenir de sa fidélité. Berryer sortit du Meslier profondément ému, et dit à Chai^tte, qui l'accompagnait au château de la Grange : « Il y a dans la tête et le cœur de cette princesse de quoi faire vingt rois ! »
Au château de la Grange, Berryer apprit que MM. de Goulaine, de Goyon, du Puyseux et bien d'autres étaient opposés à la prise d'armes. Un chef de paroisse arriva, amenant cinquante jeunes gens au lieu de trois cents hommes qu'il devait fournir. « Voyez-vous, Monsieur, dit-il à Berryer, ils étaient tous prêts à me suivre, mais j'ai vu qu'il n'y avait pas d'espoir. Je me suis dit : comme capitaine de paroisse, l'honneur m'oblige à marcher. J'ai dit ensuite aux jeunes gens : Vous n'avez pas de famille, vous n'avez que votre vie, vous devez la donner; mais pour les pères de famille, ils n'ont qu'à retourner chez eux, je les ferai appeler s'il y a quelque chose d'utile à faire. Pas un seul des jeunes gens ne m'a manqué et vous pouvez compter qu'il en sera de même des autres si nous avons besoin d'eux ; mais j'aurais manqué à mon devoir et à la confiance qu'ils ont en moi si je les eusse sacrifiés quand il n'y avait pas d'espérance i. »
Berryer et Gharette attendirent longtemps au lieu convenu. Madame ne vint pas. Qu'était-il donc arrivé? Tout semblait possible dans ce pays sillonné de troupes. Chaque instant de retard augmentait leurs angoisses. Enfin le meunier Sorin parut seul et remit à Gharette la lettre suivante :
« Meslier, le 23 mai.
« Mon cher Gharette, je reste parmi vous: j'écris à Berryer ma détermination. L'autre lettre est pour le maréchal. Je lui donne ordre de se rendre immédiatement auprès de moi.
i. C. Roussel, Le marquis de Clermont-Tonnerrc, p. 404.
« Je reste, attendu que ma présence a compromis un grand nombre de mes fidèles serviteurs. Il y aurait lâcheté à moi de les abandonner. D'ailleurs, j'espère que malgré le malheureux contre-ordre. Dieu nous donnera la victoire.
a Adieu, mon cher ami; ne donnez pas votre démission puisque Petit-Pierre ne donne pas la sienne. »
Berryer revint à Nantes en compagnie de M. H. du Puyseux, aide de camp de Charette. Sa mission était remplie, mais prcvo3^ant une catastrophe, il ne put se résoudre à partir et attendit les événements. « La princesse, dit-il au maréchal de Bourmont, n'a pas accepté mes raisons. Maintenant qu'elle est décidée à combattre, je dois rester avec elle. » Résolution généreuse, mais pleine de dangers. Entre temps, Berryer passait de longues heures avec le général Cambronue, qui habitait Nantes. A la suite du procès de 1816, d'affectueuses relations existaient entre eux, et le vieux général était devenu ardent légitimiste.
L'insurrection devait éclater pendant la nuit du 3 au 4 juin. Dans la matinée du 3, Berryer reçut un passeport signé de M. de Saint-/- ignan, préfet de la Loire-Inférieure, avec prière de quit-tT Nantes immédiatement. 11 n'y avait qu'à obéir; Berryer partit. Son intention était de se rendre aux eaux d'Aix en faisant un détour par la Haute-Loire, pour visiter ses électeurs.
A peine fut-il en route qu'on regretta de Lavoir laissé partir. En effet, un mandat d'amener lancé de Paris contre lui arriva à la préfecture. Voici ce qui s'était passé. A la suite d'un rapport adressé au gouvernement par le procureur du roi à Nantes, des perquisitions furent faites chez Berryer. On y saisit des pièces que l'on jugea de la plus haute importance. Dans l'une il était question de. papiers mystérieux enterrés à B^'llevue près de Saint-Cloud. Le document était
signé G. B., avec la date raturée de 1817. On ne douta pas un instant que la princesse Caroline de Berry n'en fût l'auteur, puisqu'il portait ses initiales. Or, il s'agissait d'une mission confiée à Berryer en 1815, par M. de Goislin, et n'ayant aucun caractère politique.
On s'empara de même d'une note pour un emprunt de soixante millions au cours de 75 pour 100. « L'État, disait cette note, donnera tous ses revenus en garantie de l'emprunt. » De quoi peut-il être question, se demanda la police, sinon d'un emprunt pour le compte de la duchesse de Berry? Évidemment nous avons là flagrant délit. Et en gens habiles, les commissaires ne touchèrent pas à une autre pièce posée à côté de la première, et expliquant qu'il s'agissait d'un emprunt pour le compte des États romains, au sujet duquel des capitalistes français consultaient Berryer.
C'est pourquoi le préfet de police donnait ordre de saisir le redoutable député, prévenu de complot contre la sûreté de l'État, et de lé traduire devant le conseil de guerre. Berryer continuait tranquillement son voj^age lorsque, dans la nuit du 6 au 7 juin, aux portes d'Angoulême, il trouva les gendarmes qui l'attendaient au relais. Ils l'arrêtèrent et le conduisirent au préfet d'Angoulême, qui ordonna de ramener le prisonnier à son point de départ.
Voilà donc Berryer traîné comme un malfaiteur de brigade en brigade. Et la route est longue d'Angoulême à Nantes. Le bruit de son arrestation s'est répandu. Puisqu'on l'arrête, c'est qu'il est coupable. Évidemment il n'est venu dans le pays que pour exciter les paysans à la révolte. Dans les gros bourgs on n'est guère légitimiste. Et la foule se presse autour de la voiture où l'on emmène le chef des chouans. A Saint- Mathurin elle hurle des cris de mort ; elle demande qu'on le fusille sur-le-champ, elle veut le jeter dans la Loire. Il faut,
pour l'empêcher, que les gendarmes mettent le sabre au clair et partent au galop avec leur prisonnier.
Arrivé à Nantes, Berrycr fut conduit devant le général Solignac, commandant le département. Solignac eut des égards pour le grand orateur et l'invita même à sa table. « Après le dîner, racontait plus tard Berryer, comme nous prenions le café, le général me dit de Tair le plus tranquille : J'ai envoyé une dépêche au ministère pour proposer de vous faire fusiller. — Je fus tellement ému à cette parole que je laissai échapper la tasse que je tenais à la main. — Mais, ajouta Solignac, vous verrez qu'ils sont trop lâches pour m'en donner l'ordre. Une demi-heure après la dépêche arrive : Qu'estce que je disais? s'écrie le général. Montalivet refuse; c'est une poule mouillée ^ ! »
Berryer apprit ensuite qu'il allait être traduit devant le conseil de guerre. « Je protesterai, répondit-il, je suis bourgeois de Paris ; je ne puis être jugé que par mes pairs. » En attendant, on l'écroua à la prison de Nantes et on le mit au secret.
C'était le 10 juin 1832. « Le lendemain, un individu entra dans la chambre que j'occupais. Je lui demandai son nom ; je craignais qu'il n'appartint aux conseils de guerre, qui étaient alors assemblés, et dont j'étais très déterminé, en vertu de mon droit personnel et de ma qualité de député, à décliner la compétence. Cet individu, que je ne connaissais pas, me dit qu'il était le procureur du roi de la ville. Il m'avoua qu'il avait du chagrin de me voir au secret, d'autant plus que ma détention pouvait se prolonger -.... »
Après cette entrée en matière notre procureur, d'un air fort embarrassé, fit à Berryer stupéfait la déclaration suivante.