OEuvres parlent., II, p
présenta le projet aux Chambres en 1832. Mais la discussion ne s'ouvrit qu'au mois de mars 183i.
Berryer attaqua vigoureusement le projet. Faisant trêve à toute autre occupation, il s'enferma chez lui, comme Démosthène dans sa caverne, et en sortit bientôt avec une de ses plus vigoureuses philippiques. A droite, à gauche, au centre même, ce lut un immense succès. Par 176 voix contre 108, la Chambre repoussa l'indemnité, et, à la suite de ce vote, le duc de Broglie, ministre des affaires étrangères, remit au roi sa démission.
« Qui répond le mieux à l'idéal de l'orateur, écrit à ce sujet M. de Pontmartin, si souvent d'ailleurs injuste pour Berryer, celui qui atteint immédiatement le but qu'il se propose, ou celui qui, après avoir bredouillé devant ses collègues ou ses juges, lègue ensuite des périodes élégantes et correctes à l'admiration de la postérité ? Entre la MUonienne, qui fait encore, après vingt siècles, les délices des latinistes et le supplice des écoliers, et le discours sur l'indemnité américaine, qui arracha un vote d'enthousiasme à une majorité hostile, je n'hésite pas, je choisis Berryer; et si vous me dites que personne aujourd'hui ne se souvient de son discours, je vous réponds que celui de Cicéron, n'ayant pas été prononcé en temps utile, laissa partir son client pour les galères K »
L'année suivante, le duc de Broglie rentrait au ministère et son projet avec lui. Dans l'intervalle, de graves événements s'étaient produits. Le président des États-Unis, M. Jackson, avait adressé au Congrès un message menaçant pour la France. Il demandait l'autorisation de conllsquer, jusqu'à concurrence de vingt-cinq millions, les propriétés