LE BON ERMITE
Le bon vieillard l'écoute avec recueillement; Et quand elle a fini cette histoire touchante, Le matin rit au ciel, le bois s'éveille et chante. Et les fleurs des buissons s'entr'ouvrent doucementce Votre temps reviendra d'aimer et d'être aimée, Dit l'ermite, et, tout bas, dût-il être lointain, Gardez au fond du cœur l'espoir d'un clair matin. Vibrant de soleil souple et de brise embaumée.
« Dieu même punira vos lâches assassins : Attendez les retours que sa bonté vous garde; Priez, résignez-vous, sachant qu'il vous regarde, Et qu'il vous a sauvée, et qu'il a ses desseins.
c( D'ici là, je connais une sainte famille; Le père est sabotier; dans cette humble maison. Vous vivrez doucement, sans peur de trahison; Vous serez leur bon ange et vous serez leur fille*
« A votre sort ancien dites un long adieu. Que nul, excepté moi, ne sache qui vous êtes... Et maintenant voici des fruits et des noisettes. Reposez-vous, ma sœur, et rendez grâce à Dieu! »
Chez les Humbles
LMES et continus, comme une eau sans brisants, Les jours ont passé vite, et les mois et les ans. Berthe au milieu des bois a vécu dédaignée, D'une vie humble et douce et presque résignée. Debout dès l'aube, et, tant que chantent les oiseaux, Toujours poussant l'aiguille ou tournant ses fuseaux. Le sabotier Simon et sa femme Constance L'ont jadis accueillie en leur simple existence,
CHEZ LES HUéM'BLES
Et tous deux se sont mis bien vite à l'adorer. L'ermite vient parfois lui dire d'espérer, Et les gens qui, le soir, passent sans la connaître L'écoutent un instant chanter à sa fenêtre :
Aîix plis frileux Des coteaux tiens Uadieu du jour mourant se dissémine, A petits pas, Qu'on n'entend pas, Sous les tranches f la nuit chemine.
L'ombre des lois gagne les deux...
Brode:(, mes doigts ! Rêve^, mes yeux !
Des fleurs aux mains, Par les chemins Les bûcherons s'en viennent des clairières, Et du clocher Va s'épancher L'appel des cloches en prières.
A l'heure où s'endorment les bois.
Rêve:(, mes yeux ! Brode^, mes doigts !