‹ Berthe aux grands pieds, imagériesChapitre 14 sur 17 · FLORES ET BLANCHEFLEUR · texte numérisé non relu

FLORES ET BLANCHEFLEUR

« Laissez-moi m'en aller vers elle qui m'attend! Et quand je reviendrai bientôt, grave et lassée, Pleine encor du bonheur de l'avoir embrassée, Nous pourrons tous les deux mourir d'un cœur content. »

Un peu de brise pleure aux branches en émoi. Et Flores qui, depuis longtemps, toujours refuse, A voix basse, attendri d'espérance confuse, Murmure : « Allez, princesse, et parlez-lui de moi ! »

Blanchefleur en Fran

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reine Blanchefleur a traversé la France. Les champs étaient déserts, les bois étaient flétris, Et les villes, où les enfants jouaient sans cris. Sombres, avaient un air de deuil et de souffrance.

Tout le long des chemins elle regardait fuir Une succession de plaines dévastées.

Terres à l'abandon, maisons inhabitées.

Son bonheur maternel n'osait s'épanouir.

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Elle avait dans le cœur un besoin de sourire. Partout sur son passage elle voyait les gens Détourner leur regard de ses yeux indulgents, Et des poings se crispaient qui semblaient la maudire.

Mais voici qu'elle est presque au bout de son chemin, Cette nuit sous la tente est enfin la dernière. Demain elle tiendra sa fille prisonnière. Dans ses bras, sur son cœur, sous ses lèvres... Demain 1]

Et, ne pouvant dormir, Blanchefleur s'est assise A quelques pas du camp, pour rêver sans témoin... Pleine de sa tristesse, elle regarde, au loin. Les étoiles trembler dans la brume indécise.

Aux lisières du bois le silence frémit. Mais on parle dans l'ombre, et Blanchefleur écoute* Un bruit confus de gens en marche sur la route Se rapproche. Une voix d'enfant pleure et gémiti

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