ACTE TROISIEME
LA BARONNE
Allons, tu te détends... c'est gentil... Va^ tu es dans l'esprit de ta race... 11 y a toujours eu un peu de proxénétisme dans les grandes familles... Même elles s'en vantent... Mais je n'ai pas tout dit encore... Tu es bon père, n'est-ce pas? Ah! tant pis, il faut bien que je te parle de ta fille; c'est dans mon sujet... Eh bien, ce que je te propose te permettrait de laisser mademoiselle Bertrade se marier selon son cœur... voilà qui est à considérer... Qu'as-tu à répondre?...
LE MARQUIS, se redressant.
J'ai à répondre, ma chère amie, que tout cela est fou. Je ne me suis pas indigné parce que je suis bon homme et que je vous connais... Je vous parle bien doucement... Mais il y a des sentiments, des principes, des préjugés, si vous voulez, que j'ai toujours respectés...
LA BARONNE
Ta parole?
LE MARQUIS
Soyez sérieuse, je vous prie... Et il y a aussi les
préjugés des miens... je ne devrais pas avoir à vous le rappeler... Il est clair que jamais ma fille n'accepterait môme son propre bonheur à de pareilles conditions...
LA BARONNE
Eh bien, mariez-la d'abord à son amoureux. Après... vous serez libre de faire ce qu'il vous plaira.
LE MARQUIS
Et de vous donner pour belle-mère à mademoiselle de Mauferrand? Ma chère, j'ai pu avoir mes faiblesses... mais il est cependant certains actes...
LA BARONNE
Et puis, vous vous dites que la combinaison Chaillard n'est peut-ôtre pas désespérée... qu'elle pourra être reprise...
LE MARQUIS, très chic
Vous ne comprenez pas, ma chère... et vous ne comprendrez jamais... Ne prolongeons pas ce badinage qui a déjà trop duré.