‹ Bertram: ou, Le pirate; mélodrame en trois actesChapitre 10 sur 47 · I.E SOLITAIRE · texte numérisé non relu

I.E SOLITAIRE

Montre-moi les hles'-ures de ton amo ! pîcnres-tu les liens sacre's de la n;:ture ou de l'amour, rompus par la main du ciel ? oh ! non ! ce n'étaient pas des passions tendres , qui élincelaient dans tes yeux effarés... quel est doue l'esprit malfaisant qui te lourinente ? monire-moi Tennemi implacable qui habite ton cœur! est-ce colèrr . aversion, ou vengeance? l'Étranger. Jl s'élance ne son hanc ^ tombe à genoux j et élliur ser waiiis jointes.

Vengeance 1 je voudrais trouver mou eunemi éternel pour en tirer vengeance.

LK SOMTAIRE.

Est-ce un homme ou un esprit infernf^l qui parle ainsi? i/e';ra?;cer

J'étais homme 3 je ne sais plus ce que je suis , ce que I-jS injustices, les crimes des antres hommes ont fait de moi... regarde-moi... qui suis-je?..

LE SOLITAIRE , F approchant.

Je ne te connais pas.

l'Étranger.

Tu m'étonnes , car le pauvre se l'appelle souvent l'homme qiii est tombé du faite de la fortune et des honneurs j il n'y a que ses égaux qui l'oublient. Un misérable mendiant m'a bien reconnu , tandis que les miens ne voyaient en moi qu'un étranger. Je ne portais pas ces vétemens souillés, ces lambeaux impurs dans ces jours de prospérité oii tu venais implorer une des aumônes qne laissait tomber ma main généreuse. ( // se rapproche ). Tu ne me connais pas ?

LE solitaire

Mes Yeux sont aff.iiblis par l'âge, mais cette voix réveille en moi d'étranges pensées.

l'Étranger.

Écoute donc un récit sans détour; éconte-le de moi, du comte Bertram... entends-tu? du comte Bertram , lidole de son pays et d'une armée entière ; le favori de son Roi, iiiomme dont le sourire répandait des bienfaits, dont la volonté seule était Tiiie loi sacrée : c'est lui qui maintenant mendie auprès de toi une goutte d'eau pour rafraîchir ses lèvres desséchées , une couche grossière pour reposer ses membres excédés de douleur—

LE SOLITAIRE

Est il possible , mon dieu !

l'étranger.

Tu sais tout maintenant ; veux-tu me trahir?

LE SOUTAIlîE.

Peux-tu me croire capable d'une telle action? homme inforume' , trop de chagrins ont déjà pesé sur la tête altière ; je crains plutôt que tu ne te trahisses toi-même. Tout près d'ici se trouve le château de Caldora , ion mortel ennemi et la cause de tous les malheurs ; d'anciennes coutumes invitent l'étranger , jette sur la côte , à passer (juehjues jours dans ces murs , pour y goûter les douceurs du repos. Si lu n'y parais pas , les soupçons vont s'éveiller , et si tu y parais , tout cliangé que tu sois , quehpie éclat de ta passion viendra le déceler et combler ta rui'.ie. Pourquoi ce trouble subit dans tes yeux ?

BERTK AM.

Que me domandes-tu ? je levais que je me trouvais près de Caldora , sans que son œil pénétrant m'eut reconnu , et je sentais une liorrible joie j je concevais je ne sais quelle affreuse espérance.

LE SOLITAIP.E.

Calme-loi , tu ne le rencontreras pasj il s'écoulera bien du teni])s avant qu'il ne revienne des nsurs de Palerme , où il combat ceux que tu as entraînés dans ta rébellion.

BEKIRA.M.

Il combat et je fuis!

LE SOLITAIRE

Son épouse mène une vie retirée ; sa suite est peu nombreuse... d où vient que tu souris d'indignation?...

BERIRAM.

Son épouse mène une vie retirée... peut-être son enfant...' oh I non!... non... celait une détestable idée.

LE SOLITAIKE.

Je n'entends tes paroles qu'indistinctement; cependant je m'apperçois qu'elles renferment un sens sinistre.

r.ERTRXM.

Que je puisse me mesurer avec lui dans toute sa force; je voudrais que nous fussions ensemble sur l'onde sombre , qu'il n'y eût que la planche d'une étroite nacelle entre nous et la mort , afin de le saisir dans mes bras furieux , de me plonger avec lui dans les vagues irritées , et de lui vt)jr rendre le dernier soupir... eu frémissant de tomber sous les coups deBerlram.

Cesse, je t'en supplie , ou les foudres du ciel vont renverser le seul abri que je puisse l'ufTvir.

HEP.TRAM , avec un éclat de rire cowuîs'f.

Ah... ah... je le vois luttant... je le vois là!., il meurt et c'est moi !..

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