SCÈNE III
LE SOLITAIRE, ALIFE , troupe de Pécheurs.
A LIFE
Ah ! mon père ! quel spectacle horrible !
LE SOLITAIRE
Qu'as-tu vu?
ALlFE.
Un navire, luttant contre la tempête , a été jette sur les ro-^ chers , aux pieds de ces murs. J'ai vu , à la lueur des éclairs , des hommes réduits au plus affreux désespoir ; et , dans les intervalles de l'orage , j'ai entendu les cris des malheureu)^ naufragés.
LE SOLITAIRE
Que tout le monde se prépare. .
ALÎFE.
Aucun secours humain ne peut les sauver 3 dans une heure leur silence sera éternel , et dès l'aube du jour vous verrez lesi débris du bâtiment et les cadavres flotter sur la mer agitée.
LE SOLITAIRE
Puissances célestes ne pouvons-nous rien pour ces infortu-, nés ^ tout est possible. Plantez des flambeaux sur les cimes de tous les rochers ; entre les créneaux de toutes les tours. Soutenez le courage des malheureux naufragés par des cris d'espé-
rancc dans les pauses de l'orage. Que le tocsin retentisse au loin sur les abiuies. Tout est consolation pour des malheureux dans un danger aussi extrême... tout est possible... un nouvel espoir peut leur donner de la force , et la force peut les sau- ■ver. Je cours avec vous...
ALIFE.
Vous oseriez!..
BONEFXO.
C'est braver le ciel.
LE SOLITAIRE
Je pars pour secourir 1 horunie , et non pour braver Dieu , il protégera celui qui se confie en sa boute'.
( Grand nioiiucmejit sur la scène. Des vé.cheurs et quelques paysans^ excités par le Solitaire^ s'empressent de por^ ter du secours aux naufragés . On essaye de lancer une barque y mais la mer est trop grosse et tous leurs ejjbrts sont impuissans. Le tocsin sonne par inteivalles. Des flambeaux allumés sont placés sur la balustrade ruinée et sur les créneaux de la \neille tour. Plusieurs groupes de pécheurs sont ça et ïà sur les rochers y ils portent des torches de bois réiineux. On distingue à la lueur des éclairs j un vaisseau battu par la tempête. Tout le monde s'arrête et semble découragé.