SCÈNE XIÏl
BERTRAM , Plusieurs Hommes d'armes, ITULBO.
( Les hommes d'armes se promènent, au fond du théâtre j tandis que Bertram est seul sur l'avant-scène ), EERTRAM , à l'ii-nicine.
Voilà donc où devait me conduire la fatalité qui n'a cesse' de s'attacher à moi ?.. Imogène ! c'en est fait , jai tout perdu !.. honneur, rang, fortune, tout m'a été ravi!., ma gloire criminelle même m a quitté!., j'étais né pour honorer le nom d'homme , et je suis au-dessous de 1 être le plus misérahle de la nature !.. j'aurais du le braver au sein de son palais ; j'aurais dii me mesurer avec lui dans les. champs de l'honneur et non pas le surprendre au sein de la paix , pour lui donner la mort. Bertram , Bertram ! lu n'es plus qu'un assassin !
( Pendant ce monologue ^ les hommes d'armes continuent à se promener dans le fond: l'un d'eux j cependant , saisit l'instant où. ses camarades lui tournent le dos pour s^approcher de Bertram et s'écrier à demi-voix ).
BERTRAM , avec humeur.
Eh ! ne pouvez-vous me laisser mourir en paix ? ITULBO , levant la visière de son, casque.
Non , car tu ne mourras pas ?
ITULBO , Laissant sa visière.
Itulbo î
Silence !
BERTRAM , à demi-voix.
Que me veux-tu ?
ITULBO y de même.
Te sauver !
Oh sont tes compagnons?
ITULBO.
Prêts à me seconder.
Je refuse leurs secours.
ITLLEO.
Tu asrjiison, nous pouvons nous en passer^ reprends tes armes, conibaiions et sorions de ce château.
BEU ir. \yi.
Non , non , je n'en sortirai plus.
ITULRO.
En ce cas , je cours clierclicr tes gens.
BEFvTRAM , élivant la r'oix.
Je te défends 1 . .
Prends garde 1 ou a les yeux sur nous.
( Moment de silence pendant lequel Ttid.ho Jeint de se promener con une les autres gardes).
BERTRAM , s' approchant de lui avec plus de précaution et baissant la voix.
Où as-tu pris celte armure?
ITULRO , sans s'arrêter.
Sur le corps de celui qui la portail. Un détachement de leurs soldats s'est mis à notre poursuite ; ils nous ont rencontrés , et pas un n'est revenu en apporter la nouvelle.
( // cotitinue à se promener ) .